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Tricycle aux Etats-Unis

mai 13, 2015 / by / 0 Comment


Résumé de ma fantastique première semaine de tricycle au coeur des Rocheuses américaines. C’était vraiment puissant.

 

La vidéo

 

Petite vidéo qui passe vraiment bien. Elle me plaît pas mal. Et vous avez les commentaires juste en-dessous.

 

La mise en route

 

Je vous avais raconté comment je m’étais débrouillé pour arriver aux USA et comment je m’étais retrouvé à skier dans le Colorado. Mais jusque là je n’avais pas fais beaucoup de tricycle. Il a donc fallut que je me motive et que je me mette en route.
Mon objectif était d’être à Yellowstone, au Nord de ma position, au début du mois de Juin. Pour le départ j’avais deux solutions. Soit tirer au Nord directement, soit partir à l’Ouest pour me rattraper du premier défi manqué et taper un gros gros col avec plus de 1300m de dénivelé en une quarantaine de kilomètres. Vous commencez à me connaître je vous fais pas un dessin…
Je prends donc la route vers 11h afin d’arriver en début de soirée dans la ville de Keystone pour aller passer une nuit chez Jess, une amie de Stacey.
Les premiers kilomètres sont un vrai test. Première fois que j’ai 100% des bagages, première fois que je charge mon petit support à l’avant et première fois que je roule ailleurs qu’autour de mes petites montagnes. Ca n’avance pas très vite, mais ça avance.

stacey's home

 

Loveland Pass

 

Je kiffe le décors américains. C’est juste des montagnes avec pleins de sapins, mais je sais pas, il y a un petit truc qui me plaît bien. La route est large, j’ai de la place, les voitures se déportent bien sur la gauche au moment de me dépasser, c’est cool. Je continue ma petite grimpette. Rien de bien méchant mais je dois tourner autour des 7-8 km/h.
Je vois ma première bête sauvage ! Une marmotte… Posée sur son cailloux au bord de la route en train de me regarder qui l’a regarde, genre « T’as jamais vu de marmotte connard ? ». Même pas effrayée, rien du tout. Deux cents mètres plus loin, les biches que vous voyez sur la vidéo étaient au milieu de la route quelques secondes avant. Apparemment c’est normal dans le Colorado. Plusieurs heures plus tard j’arrive à Bakerville. A nouveau le choix entre deux « routes ». La première, la « bicycle pass » est bouchée par les avalanches (je suis à plus de 3000m). La deuxième est l’autoroute. Les locaux m’ont affirmé que je pouvais y aller et j’ai eu l’accord du shérif. Pas serein pour un sou, je me lance pour 10km de montée. La pluie et le vent se joignent à la partie. Au final tout s’est bien passé, pas de klaxon, pas trop frôlé et en vie à la sortie. Par contre il se met à neiger donc je fais une pause sous un pont pour me réchauffer. Complètement gelé, j’arrive au pied du Loveland Pass. J’attaque cette longue et dernière montée de la journée. Par chance le soleil fait son apparition. L’occasion de voir un paysage de ouf et de faire quelques prises qui vendent du rêve.
Les riders montent ce col en voiture, se paient un gros run en poudreuse et font du stop pour remonter. Manque de bol, j’aperçois un surfeur devant moi qui remonte le col sans trouver de chauffeur. En heure de montée je lui ai repris… 100m. Après le décès du russe, d’un oedème pulmonaire, dans l’ascension du Kilimanjaro à 3900m je flippe un peu quand une petite douleur apparaît dans le thorax. En Tanzanie il y avait les porteurs, là je suis tout seul. J’arrive finalement au sommet, complètement vidé après 6h30 à rouler sans voir la moindre descente, mais très content de passer ce gros col à 3700m avec tout mon matos et sans poser le pied par terre. 
De ce que j’ai compris, je serai certainement le premier mec à avoir passé ce col en tricycle. J’ai un peu le même sentiment qu’à dû avoir Armstrong quand il a posé le pied sur la lune. 😉

loveland pass

 

Retour aux sources

 

J’arrive chez Jess vers 19h. Stacey nous rejoint pour passer la soirée. On me fait encore deux propositions. J’ai pas une vie facile… Soit je continue ma route vers le Nord dès demain soit je reste le weekend pour aller faire la fermeture de Loveland dimanche. Le « Closing Day » américain serait différent du français. Ce serait bête de ne pas en profiter… Du coup le Samedi, pour remercier Jess de m’héberger ces quelques jours supplémentaires, je vais faire les courses avec elle pour leur faire manger français le soir. Tian provençal. Et ouais les ricains ils veulent pas de Reblochon dans leur pays. Ils ont rien compris à la vie… Je lui fais aussi une petite vidéo pour ses élèves (elle est institutrice) qui étaient intéressés par le français qui passait dans leur ville. Résultat, 10min à raconter mon projet en anglais. LOL. Jess trouve ça trop bien, mais elle m’avouera qu’elle traduira la vidéo à ses élèves car elle n’est pas sûr que des enfants de 6-7 ans comprennent mon accent. Bah bah…
Du coup Dimanche, levé au petit matin pour aller faire la première trace à Loveland en montant en ski de rando mais surtout pour avoir une bonne place sur le parking pour le « Closing Day ». Bref, on monte, on redescend et là Stacey nous avait préparé un putain de breakfast. Grosses fajitas aux oeufs, fromage, bacon et patates !!! Une bière plus tard on retourne skier. Elles me font découvrir le « Snowcab ». Les télésièges ne montent pas jusqu’en haut de la station, du coup c’est une dameuse qui nous emmène vers les gros dénivelés. Vraiment sympa. Une fois ça de fait on redescend boire des bières. Il y avait une dizaine de chaises de camping au milieu des voitures avec les saucisses qui cuisaient au milieu pour les hot dog. Je crois bien que le rêve américain c’est ça. On retourne skier. On redescend boire un coup. Et on file au concert juste à côté. Bon la musique rien de spécial mais les américains ils sont chauds patate sur le dancefloor. Et pas que les jeunes, à 60 ans ils envoient les cocos. Rien à voir par rapport à chez nous. Une putain d’ambiance. Tout le monde à le sourire et tout le monde se souhaite un « Happy Closing Day » comme on souhaiterait un « Joyeux Noël » chez nous. J’aime cette mentalité. Je me sens bien avec eux.

closing day

 

En route pour le désert

 

Le lendemain, Brett, le mari de Jess m’emmène 80km au Nord dans son pick-up parce qu’il dit que la route est trop dangereuse. Effectivement, il y a plein de travaux et quand tu vois la taille et l’allure où vont les engins de TP tu fais pas le malin. Il me dépose donc sur le parking d’un supermarché à 9h pour que je continue ma route vers le Nord. Je ne comprend pas trop ce qu’il m’arrive, j’étais dans les montagnes il y a quelques minutes et je me retrouve au milieu du désert. Les longues lignes droites à perte de vue sans rien, que vous voyez dans les western, et bah j’y étais. Après une nuit en Couchsurfing je pars à l’Ouest pour 3-4 jours sans aucune ville. Pas très rassuré (en même temps je suis jamais très rassuré ^^). J’attaque donc à l’aube cette première longue journée. Au fil des heures je vois un aigle royal voler, des bisons et des gazelles. Oui oui, des gazelles. Au milieu des US. C’est vous dire si j’étais perdu…
Pendant que j’avançais je croise une voiture de flic. Je vois dans le rétro qu’elle s’empresse de faire demi-tour et vient s’arrêter juste derrière. Je stoppe donc mes coups de pédale.
« Bonjour, comment ça va ? Tu vas où comme ça ? Je voulais juste m’assurer que tout allait bien pour toi, tu peux y aller. Tu as des questions ? » Non, non. Enfin si. Je lui explique mon histoire de défi. Il rigole et me dit qu’il est tout seul et qu’il ne peut pas trop. Pas grave je continue ma route. Je m’arrête manger et 2h plus tard une nouvelle voiture de flic vient s’arrêter derrière en pleine montée. Le même flic que tout à l’heure sort de l’auto et je vois dans le rétro qu’il me fait le signe d’un appareil photo avant de se diriger chercher son chapeau dans le coffre. J’ai donc deux iPhone dans la main histoire qu’on ait tous les deux notre photo. J’étais bien content de mon coup.
Chacun continue sa route de son côté et après des dizaines de kilomètres au milieu de nulle part j’arrive dans un camping perdu. La suite vous la connaissez.

animaux du désert

 

Où j’en suis ?

 

Je suis retourné chez Stacey à Idaho Springs. J’ai fais le tour du Nord-Ouest du Colorado. Enfin, la moitié parce que le retour j’étais dans la cage à l’arrière du pick-up du shérif… Je me suis posé quelques jours avec d’abord l’idée de rentrer en France, ensuite rester quelques semaines profiter des US en voiture, pour décider de repartir, je ne sais comment, faire ce tour du monde et enfin décider de porter mes couilles et de repartir pédaler autour du monde. Il est encore trop tôt pour monter sur un tricycle mais tous vos messages m’ont donné la force de repartir sur quelque chose qui roule. Je suis donc en train de réfléchir comment m’organiser pour les prochains mois histoire qu’on rigole et que je fasse mes petites expériences. Les américains sont géniaux. Si je le voulais, avec toutes leurs propositions, je pourrai réunir 5000$ en 2h sur un compte qu’une banque de Craig souhaite m’ouvrir pour récolter des dons. Mais trop gentillesse me gêne un peu. Beaucoup même. Donc je vais me débrouiller pour trouver un bon compromis pour tout ça. Stacey m’aide bien. Elle connaît tout le monde et elle est dans tous les bons coups, je sais pas comment elle se débrouille.
Du coup je voulais tous vous remercier pour vos centaines de messages. Les marrants, les tragiques, les encourageants, les surprenants, etc… Vous êtes au top et si j’en suis là aujourd’hui c’est grâce à vous. Ca fait beaucoup de bien au moral d’être soutenu et ça donne envie d’en chier pour faire découvrir de nouvelles choses. Lorsque j’ai sorti l’article pour expliquer qu’on m’avait volé mon tricycle, celui-ci a été lu plus de 1000 fois en moins de 24h. Vous êtes des grands malades ! Il y a encore quelques semaines il me fallait 3 mois pour avoir un équivalent.

 

Je vous fais à tous une grosse bise. Le moral est là. L’histoire continue.
Ben me dirait « Un mars et ça repart ». Camille se dirigerait vers « Quand t’as plus de gaz, pètes un coup et avance ». Je ne sais pas laquelle me correspond le mieux mais ça me donne le sourire, c’est le plus important.