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Sur la route du Canada

juillet 01, 2015 / by / 0 Comment

Le tricycle n’étant finalement pas opérationnel pour repartir ces prochains jours avec je décide donc de monter en stop au Canada. Les pièces mettant du temps pour venir d’Europe je remonterai dessus seulement en Nouvelle-Zélande. Au début du mois de Mai j’étais très loin de m’imaginer que j’en serai là aujourd’hui. J’estime être très chanceux.

 

Mes derniers jours dans le ranch

 

La vidéo

Mis à part l’ascension du Mont Evans vous n’aviez pas vu d’images depuis ma session de VTT dans les canyons de l’Utah. Voici donc les quelques minutes qui résument mes dernières semaines de voyage depuis Fruita, en passant par Yellowstone et le ranch dans le Montana.

La vidéo sur YouTube :

La vidéo sur Vimeo (pour ceux qui sont sur mobile ou tablette et qui n’arrivent pas à lire sur YouTube) :

 

Le boulot

Toujours un peu pareil qu’au début. Les poules le matin. Le nettoyage des cabines dans la matinée. Et l’arrosage du jardin dès qu’il y a suffisamment d’ensoleillement. Oui, parce que la maison est autonome en énergie et il faut donc de la puissance (apportée grâce aux panneaux solaires) pour que l’eau sorte du tuyaux d’arrosage. Autonome en énergie veut aussi dire que si tu décides de prendre ta douche après une bonne journée de boulot bien chiante à 22h, et bah t’as pas d’eau chaude.
J’ai aussi été nommé chef tondeuse. Pas le truc le plus fun mais au moins j’ai juste à marcher derrière ma machine sans trop réfléchir. Ca va c’était pas compliqué.
J’étais aussi chef barbecue. En fait j’étais le chef du ranch. Bref je m’occupais pas mal de gérer la viande et les patates sur le grill quand Pam et Craig étaient avec des invités. D’ailleurs il y a des gens qui venaient de Boston et qui étaient au courant de mon histoire. Fou ! Les américains ont une super recette : le « Beer butt chicken ». Le principe est simple, enfoncer une cannette de bière dans le cul du poulet pour qu’ils cuise avec les vapeurs d’alcool. Comme je vous l’expliquais dans l’article précédent ils faisaient les malins avec les poules mais au final ils prennent beaucoup plus cher ces petits coqs.
Info semi-utile : En parlant de poule, j’ai appris un truc. Pour garder vos oeufs plus longtemps il faut les mettre à l’envers dans leur boîte afin que l’air qui se trouve dans la petite poche sur le plus gros côté de l’oeuf ne remonte pas vers l’autre bout et fasse daubé votre oeuf.

Les activités

Je vous expliquais que j’ai assisté au dépeçage du bébé bison. Une fois fini nous l’avions déposé dans un endroit que les ours aiment bien fréquenter, à quelques centaines de mètres du ranch. Entouré de caméras qui détectent les mouvements un ours est venu se présenter quelques jours plus tard. Je ne l’ai pas vu en direct live mais je sais qu’il s’est promené pas très loin de moi. Vous verrez les mêmes images que moi dans la vidéo ci-dessus.
J’ai aussi fini par réussir à approcher les bisons. Pas plus de 2-3 fois par contre. Les premières approches ont commencé par des dons de nourriture, puis les petites caresses sont venues. Ca s’est arrêté là parce qu’ils m’ont fait comprendre qu’ils ne voulaient pas aller plus loin avec moi. J’ai quand même pu descendre du pick-up pour les approcher parce que je suis aller faire un tour de quad au milieu du troupeau avec Craig afin de réaliser une vidéo pour le compte du ranch. C’était dingue de voir les bisons courir dans tous les sens autour de nous. Non pas car ils avaient peur mais parce qu’ils étaient excités d’avoir Craig avec eux. Par contre moi ils en avaient rien à branler… D’ailleurs, alors que je leur donnais à manger, quelques secondes d’inattention m’ont coûté un doigt. Un bison a décidé de me le croquer jugeant que les graines n’étaient pas suffisantes. Ca fait un peu comme si tu coinçais ton doigt dans une porte sauf que ça dure plus longtemps car tu n’as pas juste à pousser pour ouvrir la bouche du bison. Au final rien de bien méchant, juste une bonne leçon.
J’ai aussi réussi à aller me promener un peu plus loin et ça m’a fait du bien. Rien de bien compliqué mais marcher là où personne ne va à cause des « Private property » (je ne sais pas lire l’anglais de toute façon) m’a fait découvrir de jolis endroits. Seul bémol, je n’ai pas trouvé un coin avec de l’eau pour aller patauger.
Ah oui deuxième bémol c’est toujours cet enfoiré de coq. Je me suis tapé 2-3 sprints pour lui montrer qui c’était le patron mais j’ai jamais réussi à le chopper. En même temps il a fini par comprendre qu’il ne fallait pas qu’il chante quand j’étais là.

quadaveclesbisons

Pamela et Craig

C’est grâce à eux que j’ai eu l’occasion de vivre cette formidable aventure. Je suis conscient que j’ai eu énormément de chance de vivre trois semaines avec les bisons dans le Montana. Ces deux biologistes m’ont appris énormément de choses sur la faune et la flore Nord-Américaine.
Il faut savoir que le péché mignon de Craig est de regarder la maison de ses volontaires depuis Google Maps. Un vrai gamin. Après lui avoir montré mon appartement et l’avoir laissé quelques minutes il est venu me voir parce qu’il était tout fier d’avoir trouvé le MacDo de Bonneville. Ca fait du bien de voir des photos de mes montagnes.
Info pour la machine à café : Craig me racontait l’histoire de notre beau pays (il est bien plus calé que moi sur l’histoire de France) pour en venir à me parler de la guillotine. Il m’expliquait qu’un chercheur pensait que, comme les poules, l’Homme, après s’être fait coupé la tête pouvait encore « vivre » quelques secondes grâce à ses connexions nerveuses. Il informa donc les autres scientifiques qu’après lui avoir coupé la tête il clignerait des yeux autant de temps qu’il le pourrait afin qu’ils puissent définir la durée où l’homme reste « conscient ». Il a cligné des yeux pendant 12 secondes. Depuis ce bon monsieur est mort.
Merci à eux pour toutes ces belles choses et ces bons moments.
Voici le lien de l’annonce HelpX si ça vous intéresse.

 

L’autostop

 

 

La première fois

Jusqu’à il y a quelques jours je n’avais jamais eu l’occasion de faire du stop. De un quand tu tends le pouce à Saint Jean la vache elle s’arrête jamais pour te prendre quand elle traverse la route, et de deux, j’ai toujours préféré la solution de facilité, à savoir trouver où appeler quelqu’un pour me déposer.
Le tricycle n’étant pas prêt il est donc temps de reprendre la route en oubliant toutes les solutions de facilité qui s’offrent à moi. Je choisi donc le stop qui s’annonce comme la solution la moins couteuse pour parcourir les 800km qui me séparent de Golden, ville de mon prochain HelpX. Ca va me permettre de faire des rencontres et d’apprendre à voyager en sachant que ma manière d’avancer ne sera pas dépendante uniquement du rendement de mes deux petites jambes, mais plutôt des gens que je croiserai sur mon chemin. Le 25 juin, Pamela est la première à m’avancer jusqu’à la bourgade d’Helena, capitale du Montana, et me dépose devant le dernier feu rouge de la ville.
Je ne sais pas trop comment ça marche donc j’ai préparé quelques pancartes et accroché le drapeau français sur mon sac à dos. Pour la première fois de ma vie, au milieu du Montana, je lève mon pouce.

Cody le Cow-Boy

Après un bonne vingtaine de minutes infructueuses une voiture passe devant moi puis fais demi-tour au feu rouge pour revenir à mon niveau. Une tête toute rousse sort de la fenêtre. Putain c’est Shaun White !! Ah non, c’est Cody, et il va à Kalispell (la ville indiquée sur ma pancarte). Il monte avec sa copine là-bas car elle doit étudier le lendemain. Je suis extrêmement chanceux que ces deux jeunes m’aient pris. Je fais avec eux près de 400km en une seule fois. Après 2h de route je comprend que je n’ai rien compris… Ils ne montent pas là haut pour les études mais font un aller-retour dans la journée car Cody n’est autre qu’un cow-boy. Ouais, son métier c’est d’essayer de tenir 7 secondes sur un taureau (les chevaux c’est has been). Du coup ils me demandent si je veux aller avec eux. Mais carrément !!
Je me retrouve donc à assister à mon premier rodéo, non pas dans les tribunes avec tout le monde, mais dans les coulisses avec tous les cow-boys. L’occasion d’assister à leur préparation qui se résume à boire des bières, déconner et mettre une chemise. J’ai l’impression d’être au départ d’un Grand-Prix de ski tandis qu’ils se font tous éclater un par un par leur monture dès que la cage s’ouvre. Cody n’échappe pas à la règle, après 2 ou 3 secondes de lutte le taureau l’éjecte et il se met une bonne mine, comme vous pouvez le voir sur la vidéo. A la limite sa fin n’est pas si mal car certains restent coincés dans leurs étriers et se font littéralement exploser. Ca m’aurait fais plaisir qu’il gagne car c’est un bon gars mais je pense que c’est un peu de la loterie. La bête est tirée au sors et c’est au petit bonheur la chance. Certains jouent sur deux tableaux et se font éclater au bout d’une seconde sur le cheval mais tiennent les 7 secondes lors de leur run sur le taureau.
Tout ça pour vous dire que ma route en stop ne pouvait pas mieux commencer.

Avec Cody et sa copine depuis les coulisses du rodéo

Avec Cody et sa copine depuis les coulisses du rodéo

Premier passage de frontière

Après une nuit passée dans une forêt je tend le pouce un peu avant 8h du matin car j’ai décidé de passer la frontière canadienne. Il me faudra 4 voitures pour m’y emmener. Le passage de la frontière se fait comme papa dans maman. J’avais mes billets d’avions, j’ai dis que des gens m’attendaient sur Golden et me voilà avec un nouveau tampon sur mon passeport. Vraiment trop facile. Je m’inquiétais un peu d’être à pied au milieu d’une file de voiture et de dire que je voyageais en stop comme c’est illégal dans certains endroits de Colombie-Britannique, mais aucun problème.
Je fais ensuite mon petit selfie devant le panneau canadien et n’ai pas le temps de ranger mon sac pour tendre le pouce qu’une voiture s’arrête déjà. Un couple de petits vieux qui m’avaient vu quelques minutes plus tôt aux US et qui se disaient que si j’étais arriver ici c’est qu’on m’avait déposé et que je devais donc être un mec bien. Pour sûr !

Début de ma remontée du Canada

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Il me faudra 4 nouvelles voitures pour arriver à Golden vers 16h. Cela aurait dû prendre beaucoup plus de temps mais je me suis retrouvé avec des mamans hippies qui faisaient la tournée des festivals de Yoga de l’Ouest canadien à bord de leur minibus qui ont loupé la sortie des sources chaudes auxquelles je voulais aller pendant une journée. C’est pas grave, les sources sortent à 39°C et il fait 43° dehors donc pas l’idéal pour se rafraîchir. Elles me paient une glace du coup. Les paysages sont vraiment grandioses. De la grande montagne pleine de sapins. Je n’en attendais pas moins de l’Ouest canadien. Une fois arrivé à destination, mes hôtes ne sont pas là. Je m’installe donc une petite heure sur les escaliers pour les attendre.
Vers 17h Pauline arrive et m’ouvre la porte de sa maison. Tiens, Pauline c’est pas un nom français ça ?