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Skier dans le Colorado

mai 03, 2015 / by / 0 Comment


On pourrait penser à de la pub d’une agence de voyage située dans le Colorado, mais non c’est bien moi qui me suis retrouvé dans cette aventure de fou ! Par contre il a fallut faire des choix…

 

La vidéo

Voici le lien qui vous permet de jeter un oeil à ce que j’ai pu faire durant cette journée de ski. J’espère que vous vous régalerez autant que moi.

Comment est-ce que je me suis débrouillé ?

 

En fait, Stacey (ma couchsurfeuse) travaille dans une boîte d’évènements sportifs et est une ancienne basketteuse de haut niveau. Elle touche donc un peu à tout au niveau du sport.
La première fois que je l’ai rencontré, lorsqu’elle est venue me chercher à un point de rendez-vous quand j’arrivais de l’aéroport, j’ai vu sa paire de ski sur le toit de la voiture. Et quand je suis arrivé chez elle 5 paires de skis trônaient juste à côté de mon lit. Elle m’a expliqué qu’elle skiait pas mal et que le matin elle montait en ski de randonnée avec sa chienne 2-3 fois par semaine. Et puis s’en est resté là.
 Le lendemain elle me fait visiter les alentours et on passe voir un des ces potes pour qu’il me donne des cartes et conseils pour les vélos dans ce conté du Colorado. Il se trouve qu’il n’est pas présent à son magasin mais je vois à travers la vitre qu’il y a pas mal de ski de location. Je demande donc à Stacey combien coûte la location du matos parce que, car si ça ne la dérange pas, j’irai bien faire une course avec elle un matin histoire de fouler la neige américaine. Apparemment ça tourne aux alentours des 30$, mais elle peut peut-être m’avoir un prix.
En rentrant chez elle elle me fait essayer ses chaussures. Il se trouve qu’elle chausse elle aussi du 43. J’arrive à rentrer dans ses chaussures (dans pantoufles). « Très bien, tu prendras ça pour demain et tu choisis tes skis ». Ah bah d’accord. Elle s’absente ensuite une bonne heure pour son boulot et reviens en me tendant un collier auquel est attaché un forfait qu’elle a récupéré à une de ses collègues. Et moi qui était déjà trop content de pouvoir faire une seule descente avec les skis de rando me voilà équipé de la tête aux pieds pour rien du tout.

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La mauvaise nouvelle

 

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la mauvaise est de la partie.
Tout s’est joué au niveau de l’organisation. Le premier jour je récupérais du voyage. Le deuxième je tentais l’ascension du Mont Evans. Et le troisième je reprenais la route en sachant qu’une nuit au chaud m’attendais chez des amis à Stacey un peu plus à l’Ouest. Et là est venu s’ajouter une journée au ski qu’il fallait caler quelque part. J’ai donc fais péter le Mont Evans.

Mais qu’est-ce que le Mont Evans ?

C’est le remplaçant du Mosquito Pass. Oui c’est un peu le bordel. Je vous explique. Vous vous souvenez, j’ai choisi d’atterrir à Denver parce qu’il y avait le plus haut col des Etats-Unis à 250km dans les Rocheuses. C’était mon premier défi. Hors, je me suis rendu compte, seulement après avoir acheté le billet que ce col n’était pas goudronné sur sa partie haute et qu’il était donc inaccessible pour mon pauvre tricycle, chargé comme une mule et sans suspension. J’avais donc découvert une roue de secours, le Mont Evans qui n’est autre que la plus haute route des Etats-Unis, culminant à plus de 4300m. Parfait, la route commence à 200m de chez Stacey ça va être cool. Sauf que, au début du mois de Mai il n’y a pas encore beaucoup de routes d’ouvertes dans les hauteurs de Rocheuses. Celle-ci ne fait pas exception. Je suis arrivé un mois trop tôt. J’ai imaginé plein de plans : tiré le tricycle dans la neige, finir en ski de rando, etc… Les locaux m’ont cassé tous mes plans en me disant que j’étais fou et que c’était dangereux. Je m’étais donc résigné à tenter l’ascension jusqu’où je pouvais aller pour ne pas dire que j’ai complètement foiré ce premier défi. Dire que j’avais au moins essayé.

Un emploi du temps de ministre

Stacey, en plus d’avoir contacté tous ses potes pour leur parler de moi et leur demander des conseils, m’a trouvé une nuit chez une de ses amie à un peu plus de 60km de chez elle. En sachant qu’il y a un bon gros col à 3600m à passer. Génial. Je sais que je dors au chaud vendredi soir.
Du coup deux solutions. Ski ou Mont Evans Jeudi, tricycle Vendredi pour aller chez ses amis ou ski Jeudi, Mont Evans Vendredi et tricycle Samedi (sans avoir d’endroit où me loger).
Après avoir réfléchit, me sentir au chaud et à l’abri en ce début de voyage c’est bien rassurant. Je prend la première option. Quand à choisir entre aller rouler vers une route qui est fermée (et louper mon défi quoi qu’il arrive) et aller kiffer ma race en chaussant les planches dans le Colorado je n’ai pas réfléchis longtemps.
Résultat je suis bien dégoûté de planter ce premier défi. Un point pour vous, zéro pour moi. Celui qui à le moins de points dans un an et demi paye son coup à l’autre. Ca vous va ?
Dégoûté, mais en même temps je me suis mis vraiment vraiment bien.

loveland

Skier dans le Colorado

 

Mes sensations (bref, je raconte un peu ma vie ici)

Exceptionnel. Incroyable. Fou. Utilisez tous les superlatifs que vous vous voulez ça valait au moins tout ça à mes yeux.
Avant de partir j’ai savouré un max mes dernières descentes sur les pistes françaises. Je me suis dis que c’était la première fois que je n’allais pas chausser les skis pendant plus de 7-8 mois. Il y avait une infime chance que cela joue dans l’île Sud de la Nouvelle-Zélande mais je n’y serai pas avant la mi-Novembre dans, je ne me faisais pas trop d’illusions. Et, bien qu’il y ait de la neige dans le Colorado, je ne voulais pas croire qu’il y en avait assez pour skier (sinon comment ferai-je pour avancer sur le tricycle ?).
Comme je vous l’ai expliqué au-dessus, les choses ont fait que ce putain de rêve de fouler la neige américaine se réalise. Bon, on est allé skier le dernier jour d’Avril, donc ça reste de la neige de printemps. Quoi que entre la neige de printemps de Loveland à 4000m et celle des Carroz à 1200m on sent une légère différence… 😉

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Loveland

Il est donc l’heure de partir au ski. Bien évidemment je n’ai pas mon matos et celui de Stacey est loin de ressembler au mien mais c’est pas grave. Je vais aller ski bordel.
Pour les connaisseurs, je me retrouve à chausser des Salomon Quest Femme en flex 80 (c’est pas comme si j’avais dis pendant 6 mois à Décathlon que c’était de la grosse connerie de faire ça…) et des bi-spat’ de chez Movement. Une première pour tout.
Là c’est le moment de partir en direction des remontées. Premier bad trip. Je m’assoie sur le télésiège et une fois installé je lève mon bras pour descendre le garde-corps. WTF ? Pas de garde-corps.
C’est une des différence entre les « Ski Area » et les « Ski Resort » aux US. La première est comme Loveland, la seconde est comme les célèbres Vail, Beaver-Creek, Aspen. Ce sont des stations immenses mais les stations françaises n’ont rien à leur envier en termes d’infrastructures. D’ailleurs les jardin d’enfants de l’ESF des Carroz est grave mieux que celui de Vail. Et ouais vous nous prenez pour qui ? 🙂
Du coup je reviens à Loveland. On arrive en haut du télésiège et là deuxième surprise. La dameuse n’est pas passée depuis un bon moment. Pareil, spécificité de la « Ski Area ». La dameuse ne passe, en gros, que sur 20% du domaine. Mais sur la majorité du temps on reste sur des dénivelés semblables à nos pistes bleues et rouges. Pour aller chercher des bons runs il faut pousser sur les bâtons donc pas trop de bosses. Pour ce qui est de la sécurité ils ne sont vraiment pas comme chez nous. Pas de jalons sur le bord des pistes. Les seuls qu’on trouve c’est devant une barre rocheuse où sur les extrémités de la station. Du coup tu pars en forêt ou en poudreuse comme bon te semble. Tu es libre de faire un peu ce que tu veux et ça c’est vraiment cool !
J’ai donc grave pris mon pied toute cette matinée. Le smile jusqu’aux oreilles, limite ému. Comme j’étais pas loin d’Aspen et que j’avais des doubles spatules aux pieds j’ai essayé de skier en switch pour la première des fois que je passe les qualifiers pour les X Games… Mais c’est pas encore ça.
Seul regret, d’habitude il y a une dameuse qui part du sommet du dernier télésiège pour tracter les skieurs qui veulent aller jusqu’en haut des pentes de la montagne. Comme la station fermait dans 2 jours la dameuse avait déjà attaquée son hibernation… Dommage.

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Voilà voilà. Avec rien, seulement la gentillesse de Stacey je me retrouve à skier pour 0€ dans la zone où les forfaits sont les plus chers du monde. Par exemple sur Vail on est à 160$ (c’est là où tu apprends la peau de phoque) et Loveland environ 70$ la journée. En sachant que la station est un peu plus petite que les Carroz. Né avec des skis aux pieds, je pense que cette sortie restera un des plus beaux moments de ce voyage. Complètement dingue !!