tsaatans de mongolie

A la rencontre des Tsaatans de Mongolie

mai 29, 2016 / by / 0 Comment

Nous avons eu la chance de pouvoir monter à la rencontre des Tsaatans de Mongolie. Après avoir vécu plus d’une dizaine de jours à leurs côtés je vous raconte cette magnifique expérience.

Pour tous ceux qui sont là pour avoir des informations sur « Comment faire pour aller voir les Tsaatans ? », veuillez vous référer à l’article précédent.

 

 

L’arrivée sur le camp

 

Comme je vous le disais la semaine dernière, le chauffeur qui nous a accompagné jusqu’à eux nous a déposé sur un point de rendez-vous. A partir de là notre voyage allait continuer à dos de rennes. Nous faisons la connaissance d’Olssen, le mari de Zaya, qui est venu nous chercher. Comme on ne parle pas la même langue, pas de place pour les explications. Nous enfourchons nos rennes et nous enfonçons dans la Taïga.

Pour des personnes qui ne pratiquent pas l’équitation nous avons pris le coup assez rapidement. Olssen dira même à sa femme que nous nous sommes bien débrouillés car beaucoup de touristes tombent la première fois qu’ils se retrouvent sur un renne.
Après un peu plus d’une heure à nous enfoncer dans cette terre sauvage nous apercevons les tipis. C’est ici que ces nomades vivent pour le moment et c’est donc là-dedans que nous allons passer nos dix prochains jours.

camp tsaatan

 

Zaya

 

Nous faisons aussitôt la rencontre de Zaya. On était déjà heureux de pouvoir échanger avec elle pour réussir à la retrouver mais vous n’imaginez pas tout ce qu’on a pu apprendre en échangeant en anglais sur la vie des éleveurs de rennes.
Les sourires, les gestes et les 2-3 mots qu’on arrive à placer nous font vivre une expérience unique, mais en dépassant la barrière de la langue on se apprend énormément de choses, en plus de vivre quelque chose de fort.

Nous passons la première nuit chez elle. Les Tsaatans cuisinent majoritairement avec la farine. Zaya nous avait préparer un « pain de la Taïga ». Succulent. Au moment de faire la vaisselle elle m’a aussi coupé en me disant, gênée, que c’était aux femmes de s’occuper de ça. Je sentais déjà que j’allais me plaire ici…

Au moment de se coucher, nous faisons lits à part avec Amandine. Enfin, morceaux de bois à part plutôt. Gros fou rire de Zaya et Olssen quand ils ont vu Amandine sortir les moufles, le bonnet, la doudoune et la couverture de survie. C’est vrai qu’on craignait les nuits fraîches du mois de Mai aux portes de la Sibérie mais ils nous ont enveloppé dans 2 couvertures en plus de nos sacs de couchage et les -15°C ne se sont pas tellement fait sentir pendant notre séjour.

renne

 

Une intégration très spéciale

Au petit matin Zaya nous accompagne rencontrer les familles du camp afin de nous présenter et de leur offrir les petits cadeaux qu’on leur a apporté. C’est loin d’être le meilleur moment mais on s’est rendu compte qu’aucun des 4 couples de touristes qui sont venus les mains vides n’a pu rencontrer chacun des membres du camp. Cela nous a permis de briser la glace et aussi de faciliter notre « intégration » pour notre future vie à leurs côté. Quand Amandine annonçait qu’elle était infirmière ils avaient tous les yeux qui brillaient.
Au final ma chérie aura utilisé un stéthoscope et pris les tensions car ils ne faisaient pas vraiment la différence entre docteur et infirmière là haut.

Mieux, elle a aussi dû gérer une adolescente qui faisait une sorte de crise de spasmophilie et qui avait perdu connaissance. Le tout avec 2 grammes dans chaque bras car nous venions de descendre deux bouteilles de vodka et un litre gnole avec quelques Tsaatans dans l’après-midi. Ajouté à cela qu’on avait ramené des fruits secs avec du gingembre. Quand on leur a expliqué qu’avec ce fruit ils pouvaient marcher sur trois pattes on s’est rendu compte qu’ils étaient un peu comme nous. Dans un groupe t’as toujours un mec que tu veux souler. Et bah là-bas c’est pareil. Le petit monsieur a eu droit à des suppléments de gnole et a 90% du gingembre. Cette petite fête restera sans doute le meilleur moment de notre séjour dans la Taïga. On ne se sera jamais aussi bien compris en tout cas.

cuite avec les tsaatans

 

Ganbat et Polowé

 

Une fois toutes ces péripéties passées nous entrions dans le vif du sujet. La vraie vie dans la Taïga. Pour ça, Zaya nous a viré de chez elle pour qu’on aille passer 5 jours chez Ganbat et Polowé, l’oncle et la tente de son mari. Histoire de voir la vie sur le camp avec différentes personnes. A peine plus âgées que nos parents, ils nous faisaient penser à nos grands-parents. La vie dans la Taïga n’est pas facile et l’espérance de vie ne dépasse malheureusement pas les 60-65 ans
Nos hôtes ont été très patients avec nous et ont pris beaucoup de temps pour nous transmettre ce qu’ils pouvaient : leur histoire, leur façon de cuisiner, comment faire les noeuds pour attacher les rennes ou encore quelques mots pour pouvoir communiquer.

Malgré tout, et je vous l’expliquerai dans le prochain article, la vie sur le camp n’est pas folichonne. Du moins c’est aux antipodes de ce que nous connaissons dans le monde occidental. Même avec notre bonne volonté, difficile pour nous de s’y habituer. Nous avons donc demandé à partir une journée pour explorer la Taïga, car après 6-7 jours sur le camp nous n’avions vu que le camp…

Etre seuls au monde, avancer dans des endroits où il n’y pas âme qui vive et voir des paysages que nous ne reverrons peut-être jamais nous a beaucoup plut. A notre retour nous sommes retournés pour 2 nuits chez Zaya (nous aussi on est nomade) qui nous a accueilli avec une bonne bassine d’eau chaude histoire de pouvoir prendre notre première douche dans la Taïga.

polowe

 

Derniers jours mitigés

Après avoir énormément parlé avec Zaya durant nos deux jours à ses côtés nous déchantons quand nous arrivons dans notre dernière famille. Goyna, la soeur de Ganbat nous accueille dans son tipi où elle vit avec sa fille et sa petite fille de 2 ans. Déjà que je n’aime pas les bébés parce que ça gueule tout le temps et bah là j’ai été servi.
Les Tsaatans ont l’air de bien aimer emmerder les enfants pour les consoler après. Je vous fais pas un dessin de comment ça s’est passé.
..
Contrairement à son frère, Goyna n’est pas aussi expressive et le contact avec sa fille est quasi nul. De plus, son tipi est un peu excentré du reste du camp car ses rennes ne sont pas mélangées aux autres rennes du camp. Elle en aurait un trop grand nombre apparemment. Du coup nous nous aussi on se retrouve coupé des autres familles avec qui nous nous entendions bien.
Amandine subissant un peu depuis quelques jours nous prenons la décision de partir un jour plus tôt que prévu de chez Goyna et donc de chez les Tsaatans. Ca nous arrange bien en même temps car on commençait à trouver le temps long.

selfie taiga

 

Le départ

La veille de notre départ un couple de touristes repartait après 3 jours sur le camp. Ayant peu de moyens, les nomades fabriquent des souvenirs pour ensuite les vendre lorsque leurs visiteurs s’en vont. On a été très déçu de la manière dont cela s’est passé. Au moment de faire nos achats tout le monde nous entourait mais personne ne nous regardait, y compris ceux qui nous faisaient encore quelques heures plus tôt des grands sourires, ou même Zaya. Une ambiance très froide et très pesante.
Heureusement, quand vint l’heure d’aller voir Ganbat et Polowé pour leur dire au revoir nous avons fini sur une bonne note. Ils nous ont dit qu’eux et le reste du camp était très contents de l’aide que nous leur avions fourni durant notre séjour et que ça leur changeait des autres touristes. Ganbat nous a même demandé quand nous comptions revenir les voir.
Zaya et Olssen, juste avant de nous raccompagner en rennes jusqu’au « drop point », nous ont offert un petit médaillon à chacun, chose qu’ils vendaient la veille. Le geste nous a beaucoup touché et toutes nos mauvaises pensées sont effacées, ou presque.

renne avec son petit

 

C’est ainsi que s’achève notre séjour chez les Tsaatans. J’ai essayé de vous raconter notre histoire. Dans le prochain article ce sera au tour de leur histoire. Vous pourrez ainsi comprendre comme on vit dans la Taïga et ce que l’on a partagé avec.

Rendez-vous donc dans quelques jours pour en savoir un peu plus sur le fonctionnement des Tsaatans, la vie du camp et nos petites recommandations si vous souhaitez aller y séjourner.