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Premier test : la Norvège

mai 11, 2014 / by / 0 Comment


Partir autour du monde en pédalant c’est bien beau sur le papier, mais en pratique ça donne quoi ?
Je me suis donc rendu en Norvège pour un premier vrai test de backpacker dans la région de Bergen pendant l’été 2013 et pour 3 semaines d’immersion.

Direction donc la Norvège en guise de « Crash Test » pour le tour du monde qui débutera dans plusieurs mois. Les billets sont pris nous atterrirons à Bergen au coeur des fjords.

Pourquoi la Norvège ?

Cela fait un moment que je travaille mon itinéraire pour le tour du monde et je souhaitais vraiment passer en Scandinavie. Le budget, le temps et les saisons ont fait que j’ai dû rayer cette région de mes plans.
J’avais tout de même une réelle envie de découvrir le pays des trolls car j’ai lu à pas mal d’endroits que niveau dépaysement et vélo c’est LE pays de référence en Europe. Norvège, terre de sportifs apparemment…
On parle de ce roadtrip avec Amandine pendant l’hiver. C’est d’accord. On fait 2-3 recherches pour voir quelle région serait la plus belle à voir et on choisit l’Ouest avec ses fjords. Les billets sont pris. Les recherches pour l’itinéraire et les sites à visiter commencent. Je tombe quelques jours plus tard sur « Norvège : Pays le plus cher du monde ». Et merde…

La Préparation

Premier test en NorvègeLe printemps est arrivé, je sors le VTT (je n’avais pas encore décidé de partir en Trike à l’époque), fait monter un porte bagage de compète et commence à rouler.
J’apprend également à démonter mes pneus – au club de VTT gamin il y avait toujours les papas derrière qui s’improvisaient mécano quand tu crevais – et à les remonter dans le bon sens.
Au fur et à mesure des sorties ont augmente la charge de matériel et les kilomètres. Physiquement c’est bon.
J’apprend quelques mots de norvégien et termine notre itinéraire qui prévoit 800km sur 21 jours autour du Hardangerfjord.
Le 3 Août direction l’aéroport !!!

 

Velkommen til Norge

DCIM100GOPROCa y est l’écran dans l’avion nous indiquent que nous sommes arrivés au dessus de la Norvège. A 8000m il fait grand beau. Il aura jamais fait si beau de tout le voyage…
Si vous pensiez, comme moi, que la Norvège est au Nord de la France, qu’il fait simplement plus froid et qu’il n’y a pas de pluie (et ouais elle va pas plus haut que l’Ecosse) et bien vous vous mettez le doigts dans l’oeil mes chers amis !! Sur les 3 semaines nous auront eu 4 jours… sans pluie.
Mais bon on se laisse pas abattre, on sort de l’aéroport – sous la pluie bien sûr – en milieu d’après midi pour s’éloigner le plus possible de Bergen et trouver un endroit pour planter la tente. Le camping sauvage est autorisé en Norvège. Au bout d’une heure, grande révélation pour moi, mon K-way Scott ultra léger, dernière génération à 80€ n’est apparemment pas imperméable. Tip top !!

Il y a des pistes cyclable partout en Norvège donc nous avançons bien et sortons de la ville. Par contre il aura fallut attendre la nuit tombée pour qu’un norvégien nous montre une plage pour pouvoir passer la nuit. Effectivement quand tu es dans un fjord les seuls endroits de plat sont occupés par les maisons ou les marais. Donc pas facile de trouver une place à 150m des routes et des habitations pour respecter la loi. On verra plus tard que même si l’on s’éloigne pas autant les norvégiens ne nous en tiendrons pas rigueur.
Pour le deuxième jour nous avons été servi. On voulait du fjord, on a eu du fjord. Départ au niveau de la mer, montée à 600m (niveau dénivelé ça rigole pas là bas), redescente au niveau de la mer pour pique niquer puis remontée à 1200m pour camper à côté du parking d’une station de ski. Il est 19h30, je dors.
Les autres jours furent plus tranquilles, nous avons atteint le Hardangerfjord, prit notre premier bac, testé la marche sur glacier du Folgefonna, traversé les fermes à cerises et prit notre première douche depuis notre arrivée.

Trolltunga

photo 4Aujourd’hui est un grand jour. Après une bonne semaine à pédaler onn va tenter le Trolltunga (la langue du troll), randonnée classée noire par les guides norvégiens. On est des ouf et on le fera avec nos sacs d’une petite vingtaine de kilos.
Debout à 7h. On passe à l’office du tourisme d’Odda pour avoir quelques infos. Amandine garde les vélos et c’est moi qui m’occupe de parler anglais avec la dame. Elle parlait tellement bien que je suis ressorti avec mes cartes et en sachant qu’on était chanceux parce qu’il ne pleuvrait pas les deux prochains jours. Elle m’a dit beaucoup d’autre chose, j’ai acquiescé sans comprendre la moitié histoire de lui faire croire que non les Français ne sont pas nul en langue. Mais quand tu échanges deux minutes après avec des Espagnols qui rigolent en disant qu’ils ont vu que tu étais français juste en écoutant ton accent tu te dis que les Frenchies sont bel et bien mauvais élèves dans cette matière.

En tout cas on prend la route pour rejoindre le parking au départ de la rando où on arrivera 3h plus tard. Et ouais ça monte la Norvège tu passes de 0 à 450m en 5km. Du coup on est les seuls vélos là haut et on a pas besoin de payer les 11€ de parking. Il est 13h, on va attaquer la grimpette pour essayer d’arriver au Trolltunga 800m plus haut et 11km plus loin, le tout avant la nuit. Il se met à pleuvoir… Visiblement je dois pas être au top au niveau de mon anglais.

Les 3000 marches de l’ancien train à crémaillère nous font vite oublier la pluie. Il nous faut 1h pour arriver en haut. Plus que 10km. La plupart des gens qui font cette marche partent le matin pour revenir en fin d’après midi et donc plus on avance, moins il y a de monde et plus le temps se gâte.
A 17h le brouillard fait lui aussi son apparition. Pas de réseau, pas de visibilité à plus de 3m, pas un chat. La seule chose qu’on sait c’est qu’il y a la falaise de 700m du fjord qui était juste à notre droite quand on voyait quelque chose dans l’après-midi. Grosse grosse panique. Les 3 derniers kilomètres seront les plus rapides. Fautes à l’adrénaline et à la cabane de secours qui nous attend au bout. Seul souci, une fois arrivé impossible de trouver la cabane. Du coup on continue encore quelques centaines de mètres pour trouver ce fameux rocher et surtout un endroit pour poser la tente parce que pour le moment à part le chemin qui s’est transformé en ruisseau avec la pluie, des cailloux et de la tourbe il n’y a pas grand chose.

Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir galéré pendant 5h pour arriver jusque ici qui a rendu l’instant magique. On trouve enfin le Trolltunga. Avec le brouillard il y a juste cette langue qui se jette au milieu des nuages et ça rend le lieu un peu « mystique ».
Bref, après avoir vu les photos sur Google et le vide qu’il y a en dessous on se dit qu’il est plus sage de ne pas aller prendre des photos ce soir avec la pierre glissante. Campement trouvé quelques mètres plus loin.

photo 5

On s’endort comme des loirs.
Réveillé à 7h le lendemain matin par des bruits suspect je tombe nez à nez avec un groupe de moutons intrigués par notre tente. Qu’est ce que des moutons foutent ici perdu au milieu de nul part ? Visiblement ils vivent du tourisme parce que vu les ventres qu’ils ont ils doivent pas connaître la faim.
Nous on boit notre pom’ potes matinale, on sort les affaires pour les faire sécher à côté du campement et on sort les appareils photos pour descendre immortaliser le moment.
Instant magique épisode 2. C’est encore plus beau que sur les photos. Des Polonais ont dormi à côté de nous et nous ont dit qu’on avait passé la nuit à -2°C. Je me disais bien que ça m’avait piqué le nez… Du coup on s’improvise photographe, on profite de ce moment, sans aucun doute le meilleur de ces 3 semaines de voyage, et puis on remballe tout pour attaquer le retour.
Nous croiserons notre premier backpacker français. Un grenoblois qui était venu jusqu’ici en stop et qui s’apprêtait à redescendre pour arriver à temps pour le festival d’Aurillac. Il nous doublera en voiture plus tard pendant le voyage en nous criant un « Bonne chance les français !! ». J’ai vraiment l’impression de faire partie de cette grande famille des backpacker et j’ai le sourire, enfin jusqu’à la prochaine averse.

Bilan de ce premier test

photo 3La dernière semaine fût plus calme. Le mauvais temps a eu raison de notre motivation à rejoindre les hauts plateaux du Hardangervidda.
Nous avons donc bouclé le tour du fjord pour revenir dans la région de Bergen où nous ferons les touristes les derniers jours. 
Je vous recommande Bryggen et le marché aux poissons de la ville. Même moi qui n’aime pas manger ce qui vient de la mer j’en avais l’eau à la bouche.

Pour ce qui était du voyage en lui même il m’a apporté les réponses que j’étais venu chercher.
La Norvège m’a vraiment dégouté au niveau de la pluie. Pour un premier voyage en backpacker et surtout en vélo je vous le déconseille, et surtout la région des fjords. J’avais vraiment le blues pendant le voyage de ne pas pouvoir profiter à fond de ce pays dont tout le monde me disait tant de bien.
Mais malgré ce gros point négatif, en rentrant à la maison j’étais toujours vraiment motivé pour tenter un tour du monde, et ça c’était le plus important.
Au niveau physique, organisation, nourriture, bref la gestion pendant le voyage, tout s’est bien déroulé et on n’a quasiment pas eu de mauvaises surprises donc bon point aussi.

Maintenant c’est direction le Kilimandjaro en Tanzanie pour le test final du matériel et surtout des vêtements avec un climat chaud et sec dans la savane et froid, très froid à 6000m. Je vais aussi voir comment je réagit, voir mes limites, avec une petite santé quand le mal des montagnes va commencer à me prendre.

Ce sera le dernier voyage avant le grand départ.