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La montée vers le Yukon

juillet 27, 2015 / by / 0 Comment


Lauren s’est finalement décidée à monter en direction de l’Alaska. Vu le nombre de personne que nous croiserons sur la route plus tard, même en été, je crois que j’ai eu un bon coup de bol qui m’a permis d’éviter de patienter plusieurs heures à tendre le pouce.

 

La route

 

Le trou du cul du Canada ?

Le titre est peut-être un peu exagéré car je pense qu’on peut trouver pire. Mais c’est vrai que l’on s’est senti bien perdu au Nord de Jasper, seulement quelques minutes après être sorti du parc national. Plus de touristes. Plus de montagnes. Seulement une route qui traverse une forêt de sapins immense pendant des centaines de kilomètres. On croisait seulement les camions qui travaillaient et quelques puits de pétrole par-ci par-là. Ca s’est passé comme ça pendant des heures et des heures. Bref, le Nord de l’Alberta c’est chiant.

L’Alaska Highway

Les villes ont commencé à apparaître. Grande Prairie puis Dawson Creek qui marque le début de l’Alaska Highway. J’avais entendu parler que c’était une route assez dangereuse à conduire. On pouvait voir des autocollants sur des voitures « J’ai conduis l’Alaska Highway et j’ai survécu ! ». L’état de la route nous confirmera ça un peu plus tard. Il y a énormément de changement au niveau de la surface. Ca passe du goudron à la terre aux trous ou aux graviers. Le plus chaud c’est que quand il n’y a pas de zone de travaux rien n’est signalé. Donc quand tu arrives à 100km/h dans un virage avec une entrée en graviers ça fait tout drôle. Il est aussi courant de rester planté à un feu rouge pendant 20min sur certains endroits où l’équivalent de notre DDE travaille. J’en profite pour remercier le créateur de Candy Crush.
Les paysages ont commencé à changer lors des 500 derniers kilomètres avant Whitehorse. Les Rocheuses ont refait leur apparition laissant place à des vues beaucoup plus dégagées. J’en ai vraiment pris plein les yeux. On est souvent déçu lors de voyage lorsqu’on se fait des films sur un pays avant d’aller le visiter. Le Yukon m’offre ce pourquoi j’ai voulu tout quitter il y a maintenant un an pour concrétiser ce rêve. Je suis tout seul au milieu d’une nature magnifique type du Nord de l’hémisphère. Il n’y a pas vraiment de mot pour décrire tout ça. Il faut venir le voir et le vivre pour ressentir ce que ça fait.
Le seul regret est de doubler des cyclos-voyageurs et d’être assis dans la voiture alors que j’aurai dû pédaler avec eux. C’est dommage.

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Le Yukon

 

Chacun sa route, chacun son chemin

Après une dizaine de jours de voyage ensemble chacun a décidé de partir de son côté. Lauren est parti en Alaska et je suis resté sur Whitehorse. Avec tous les feux de forêts je n’étais pas chaud à l’idée de partir là-bas pour rester coincé au Sud et payer des hôtels à chaque nuit. Je pense que le Yukon avait beaucoup de chose à m’offrir avant de retourner aux USA. Par chance une de mes demande HelpX, qui n’était pas prévue, a abouti. Mais avant j’ai eu de la chance d’avoir Fanny et Vincent de LeTand’aimerlemonde qui m’ont donné le contact de leurs potes Miléna et Maxime de Terre Boréale. Deux annéciens (ils sont partout) parti de France il y a maintenant 4 ans pour se lancer comme guides dans ces territoires sauvages. Ils m’ont donc accueillis et j’ai pu passer non seulement la nuit au chaud mais aussi allongé. Je n’avais pas passé une nuit à plat depuis… mon départ de chez Pauline.
Maxime m’a aussi beaucoup appris sur sa région et sur une virée que j’hésitais à faire en Alaska. Je n’en dirai pas plus pour le moment mais il m’a redonné le goût de la tenter. Si ça passe ça risque d’envoyer du pâté !

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Le HelpX

Ici, même en Juillet, je commence à me peler le cul. L’Automne pointe déjà le bout de son nez tout doucement. Plusieurs nuits de camping sauvage avec les ours et les grizzlys qui rodent ne me bottaient pas des masses. J’ai donc trouvé un nouveau boulot HelpX pour passer quelques temps sur Whitehorse et dans le Yukon. C’est Marie qui m’accueille chez elle pour que je l’aide à donner une deuxième jeunesse à sa maison car ils ont décidé s’en séparer. Après être tombé avec Pam et Craig dans le ranch qui étaient deux biologistes de la faune de l’Ouest américain, je tombe avec Marie qui est une biologiste spécialisée dans… les grizzlys. Ca va me permettre d’en apprendre beaucoup sur cet animal et ainsi mieux l’appréhender pour les deux mois qu’il me reste à passer sur ces terres sauvages, même si aujourd’hui je me sens plus serein si je venais à me retrouver face à lui.
Comme partout où je vais depuis le départ il y a des vélos. Plus ou moins en bon état, plus ou moins bien taillés, plus ou moins vieux (plus souvent vieux quand même), mais bien présents. J’ai donc mon vélo qu’ils me prêtent pour mon séjour afin que j’aille en ville chercher du débit internet pour quelques sessions Skype, pour travailler sur le blog et pour effectuer mes grosses recherches pour la suite du périple.

Whitehorse

36000 personnes vivent dans le Yukon. Les trois quarts d’entre elles habitent Whitehorse. C’est pour vous dire comme c’est sauvage. La ville en elle-même n’a rien de bien particulier. Énormément de magasins en tout genre étant donné que c’est la seule « vraie » ville a des centaines de kilomètres à la ronde, une grosse zone industrielle et un aéroport. Rien de spécial à première vue, mais c’est pourtant l’endroit où je me sens le mieux depuis le début de mon voyage. Certainement au niveau de l’ambiance et des gens qui vivent ici. Le Nord du Canada nous offre presque vingt heures de soleil en ce moment (à minuit on se voit encore le bout des pieds) mais, à l’inverse, seulement 4h durant l’hiver. Des conditions qui plongent la ville à des températures allant parfois jusqu’à -40°C. Même en été il ne fait pas tant chaud. Autant de facteur qui font qu’ici il n’y a pas de place pour le superficiel où autre fantaisie. Les gens restent simple et se promènent non pas de façon à attirer l’attention mais plutôt de manière à s’adapter le mieux possible au milieu.

Je reste encore environ 2 semaines sur Whitehorse, avec un avant goût d’Alaska le weekend prochain. Je reprendrai ensuite ma « route » en direction du Nord pour revenir aux Etats-Unis où je resterai jusqu’au 23 Septembre.

onsepellelesmiches

 

Des nouvelles du tricycle !

J’ai eu un message avant-hier de CycleDifferent qui m’a informé que le tricycle est réparé. Stacey descend demain le récupérer afin de l’envoyer chez une de ses amie à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Sauf péripéties à la con je ferai donc mon retour sur mes 3 roues en Océanie ! C’est bon ça ! Un grand merci à l’équipe de CycleDifferent et Kirk pour leur travail. Merci aussi à Honza de chez AZUB qui a fait parvenir les pièces à changer sur le tricycle gratuitement. Je suis conscient d’avoir énormément de chance sur ce coup-là. Merci pour votre aide !