atlinlake

Je ne devrais pas rejoindre l’Alaska pendant ce tour du monde

août 12, 2015 / by / 0 Comment

Récits de mes dernières semaines dans le Nord du Canada. Beaucoup d’imprévus qui entraînent des changements de plans dont je me serai bien passé. Mais bon il paraît qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis.

 

La Vidéo

Trop grosse pour Vimeo, elle sera uniquement disponible sur Youtube cette fois-ci, et donc lisible uniquement depuis ordinateur.
Voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=ehQMhvjtOHM&feature=youtu.be

Le Yukon style

Whitehorse est l’endroit le plus sec du Canada. Pourtant il pleut très souvent. Le vent commence à piquer. Les premières feuillent jaunissent. L’Automne arriverait plus tôt que prévu cette année. Pas de bol.
Avec le boulot je n’ai pas eu l’occasion de vraiment voir le pays. Quand l’équipe de Terre Boréale m’a contacté pour partir randonner dans les Rocheuses j’ai direct dit oui. Ensuite j’ai eu l’autorisation de Marie pour prendre un « Day off », ouf. Nous partons donc en direction du Sud pour une bonne centaine de kilomètres. J’ai aussi compris à quoi servait un 4×4. Impressionnant le chemin que l’on a pris pour aller jusqu’au « parking ».

Après quelques minutes de montée bien raide on se retrouve sur un plateau et c’est ici que j’ai la confirmation que le Yukon envoie du lourd. Un magnifique paysage avec des lacs, des névés, des pics, un glacier et des fleurs. C’est beau les fleurs. La neige n’est pas très loin et certains névés (plaques de neige) devaient bien faire encore 300-400m. Vous imaginez même pas comme ça me démangeait d’aller faire des virages là-bas dessus. Il n’en sera rien (pas de matos) et on continuera de se promener comme des personnes « normales ». Partie remise. Nous avons l’immense chance de tomber sur des chèvres des montagnes pendant descente. C’est devenu mon nouvel animal préféré. Elles étaient malheureusement trop loin pour que ça rende quelque chose sur mes photos.

Benett lake avec terre boreale
En rentrant nous nous arrêtons à la déchetterie. Ici les gens posent leurs affaires usagées encore en bon état des fois que cela puisse servir à quelqu’un d’autre. Je trouve le concept sympa. Cette décharge est réputée pour offrir de bons coups. Je repars de là avec une polaire. Bien moche, elle pique un peu, mais elle est bien chaude pour ce qui m’attend, des fois que tout ne se passe comme prévu et que la neige arrive plus tôt que ce que je pensais (il neigeait sur les sommets de Whitehorse le 30 Juillet !!).
Une fois de retour en ville Maxime me fera goûter ses cookies. Les meilleurs cookies que j’ai jamais mangé !

 

Les aléas du stop

J’avais prévu un petit break pour partir 4 jours dans le sud de l’Alaska afin d’aller explorer les grottes du glacier de Mendenhall. Quelque chose qui avait l’air vraiment extraordinaire. A vrai dire cela s’annonçait facile pour y aller, excepté le passage de la frontière (j’aime jamais trop ça). Si le stop marchait comme il y a quelques semaines j’aurai pu faire le trajet en 2-3h. Manque de pot le stop n’a pas marché… Je suis resté collé 3h au même endroit à 40km au sud de Whitehorse sans réussir à trouver un lift. Je ne sais pas trop pourquoi je n’ai pas réussi. J’ai donc décidé de faire demi-tour et de rentrer à pieds sur 2 jours. J’ai donc traversé la route pour marcher de l’autre côté. 30 secondes après avoir démarré, une voiture se présente et je tend le pouce d’un air dépité juste pour dire de le tendre. La voiture s’arrête et me déposera dans l’allée de chez Marie et Terry… C’est quoi ce bordel ???
C’est bien dégoûté que je reprend le boulot mais aussi avec pas mal d’appréhension concernant la suite de l’aventure où j’ai encore quelques milliers de kilomètres à faire en stop dans des endroits d’Alaska bien paumés. On verra bien.

J’aurai aussi prendre un bus pour y aller. Mais est-ce que c’est journée dans le glacier valait 250€ de transport ? Je pense que oui. Après je n’étais pas prêt à les mettre. Ma GoPro me lâche à petit feu depuis plusieurs semaines. J’ai donc dû racheter une nouvelle caméra qui arrivera quand je serai à Hawaii (je croise les doigts pour que la vieille tiennent jusque là). J’ai aussi d’autres choses de prévues et pour tenir le budget je dois faire des choix. Je reviendrai un jour au Nord de l’Amérique avec un budget qui permettra d’envoyer du lourd.

 


La vie chez Marie et Terry

De retour à la maison

Heureusement j’ai des hôtes bien sympas qui ont beaucoup de boulot pour moi. Je ne m’ennuie pas dans cette famille composé d’une biologiste, d’un géologue et de 3 végétariennes. Quand je mange de la glace à la vanille en dessert elles mangent des petits pois congelés. Quand je déjeune avec des céréales elles se font des tortillas aux miel et aux épinards. C’est des ouf les gamines ! Mais l’avantage d’être dans une famille de végétariens c’est que la cuisine est super bonne. Je me ressers même de la soupe et des épinards ! Je veux quand même pas piquer la vedette à Popeye donc j’y vais mollo.
Terry m’a ramené un bout de bois qu’il avait trouvé dans une rivière. En fait c’était pas un bout de bois mais de l’ivoire (mais on aurait dit un bout de bois). Pour rigoler je lui dis que c’est une défense de mammouth. C’était une défense de mammouth… J’ai tenu une défense de mammouth dans mes mains bordel !!

la magnifique vue sur fish lake

 

Un weekend de vacances à Atlin

J’ai décidé de beaucoup bosser depuis mon retour. Grâce à ça j’ai pu partir avec eux dans leur résidence secondaire au Nord de la Colombie-Britannique.

J’ai essayé de skier sur les neiges canadiennes

Ca me trottait dans la tête depuis un petit moment. Etant donné que je ne peux pas rouler dans tous les pays que je traverse pourquoi ne pas tenter de glisser ? Marie et Terry me sortent une vieille paire de ski de fond, reste plus qu’à trouver de la neige. J’ai quelques névés en ligne de mire mais cela impose de traverser en canoë un lac bien agité avant une grimpée bien marquée. Ils m’ont fait comprendre que c’était impossible de ne pas se retourner et m’ont suggéré un autre endroit où il y aurait éventuellement encore un peu de neige.
Je pars donc avec Marie et les deux petites aux aurores en direction de « l’Eldorado » à la recherche de l’or blanc. Etant partie devant pour faire ce que j’avais à faire je trouve un bout de neige après 2h de montée.
Versant nord, beaucoup de pente et des températures plutôt fraîches pendant la nuit sont les clés pour observer de la neige au mois d’Août. Je vous laisse imaginer comment ça a fini… Faire du ski de fond dans un pierrier à 8h le matin n’était pas la meilleure idée du monde. Mais ça m’a bien fait rire.

skierdansleyukon

La trouille de ma vie

Toute cette ascension s’est faite dans la forêt puis dans le bush. Un endroit infesté d’ours (la forêt) et de grizzlys (le bush). Autant vous dire que le fameux « Hey Bear ! » pour signaler ma présence sortait de ma bouche toutes les 10secondes. J’avançais la queue entre les jambes. Bon d’habitude aussi j’ai la queue entre les jambes mais là c’est l’expression. Bref…
Après ma descente monumentale à ski j’attaquais ma descente à pattes. Même mode opératoire pour signaler ma présence aux ours. Alors que je passe les premiers sapins j’entends un grognement à ma droite. N’étant pas sûr (je l’étais mais ne voulait pas l’admettre) je refais un « Hey Bear ! ». Tout de suite après un nouveau grognement se fait entendre, encore plus fort que le premier.
Ne voyant pas le grizzly je décide d’accélérer franchement le pas pour vite quitter la zone. Ne pas courir est la seule chose qui m’est venu en tête de toutes les consignes de sécurité vis à vis des ours. J’entends alors que le grizzly se met courir derrière moi en grognant encore plus fort. C’est à ce moment que mes jambes ont décidé de me lâcher. J’ai poussé un énorme cri (de trouille) en me retournant pour faire face à l’ours. Aucune idée de ce qui allait se passer. Dégainer le « Bear Spray » ne m’est même pas venu à l’esprit. C’est là que j’ai vu Marie sortir des sapins complètement pétée de rire…
N’ayant pas vu les filles depuis près de 4h je ne m’attendais vraiment pas à les croiser là. Résultat elles se sont tapées une bonne barre de rire. Quand à moi ça me fait pas mal réfléchir sur ma potentielle rencontre avec un ours. Ce qu’on nous explique en théorie est complètement différent de ce qu’il se passe en réalité.

Le Minus Picnic

En parlant de rencontre j’en ai fais une belle. Le soir nous sommes allés au « Minus Picnic » d’Atlin. Une sorte de fête du village. Atlin est un petit village de 400 habitants à la frontière entre le Yukon et la Colombie-Britannique. On y accède seulement après avoir fait 100km sur une petite route. C’est pour bien vous montrer le contexte.
Comme pour toutes les fêtes de village la moyenne d’âge est assez élevée et écouter des vieux bourrés qui me parlent en anglais c’est pas mon truc. Je prenais pas trop de plaisir jusqu’à voir un grand binoclard. Le binoclard ? Non c’était pas Harry Potter, c’était Luke. Un anglais qui voyage en stop depuis Denver jusqu’en Alaska. Je l’ai connu sur Facebook après une annonce passée sur la page des voyageurs en autostop. Je venais de me faire voler le tricycle et lui cherchait un coéquipier pour faire du pouce. Au final on devait se retrouver à Vancouver pour monter ensemble mais on à tous les deux pris des itinéraires différents. Quelle était la probabilité que je le retrouve ici ? On a même imaginé un plan pour partir ensemble en Alaska mais il est vite tombé à l’eau

Je devais rejoindre l’Alaska en canoë

 

La Yukon River

Le projet mûrissait depuis plusieurs semaines. Descendre depuis Whitehorse jusqu’à la frontière américaine. 740km de canoë sur 16 jours. Seul, en autonomie complète sur une terre inconnue. Une idée bien farfelu comme je les aime ! Le périple était booké chez Up North Adventures et je devais partir aujourd’hui, Mercredi 12 Août. La nourriture, les cartes, la balise satellite offerte par Terre Boréale était dans le sac. J’avais même fait mon baptême en canoë quelques jours avant sur la Yukon. Mais, après réflexions j’ai décidé d’annuler mon aventure… hier.
Merci à l’équipe d’Up North Adventures pour leur geste sur ce faux plan !

Les raisons

Au début tout était emballant. C’est vrai quand je vous dis 740km de canoë on a juste envie de dire « Woooow !! ». Sauf que le Yukon n’est pas l’Ardèche. L’eau est à 4°C, mais ça, ça va. Je partais seul pendant 16 jours, ça fait un peu baliser mais ça passe aussi. J’embarquais plus de 4000€ de matériel sur le canoë. Ce serait con de se retourner mais j’étais conscient de ce risque que je pouvais gérer.
Les vraies raisons sont que pas mal de monde m’a monté le bourrichon avec les ours. La blague de Marie, la lecture de mauvais articles au mauvais moment, les avis des locaux… Autant de choses qui ne mettent pas en confiance.
Je pense que j’y serai tout de même allé malgré tout mais j’ai une autre proposition qui m’est tombée sous le nez, comme par magie. J’attends donc que celle-ci se finalise pour vous en parler, histoire de ne pas me mouiller ce coup-ci.
Cela s’annonce différent mais va me permettre de passer plus sereinement mon dernier mois dans le Nord sans trop me prendre la tête, ni prendre trop de risques.

entrainement en canoe

A priori je ne devrais donc pas voir l’Alaska pendant ce tour du monde. Le stop peut très bien fonctionner comme s’avérer être une vraie galère. Et je pense que je n’ai pas assez d’expérience pour en tirer du plaisir dans cet état où on m’annonce des -10°C sur Fairbanks en Septembre. Je pense donc revenir dans les prochaines années avec une bande de copains, une voiture et un budget qui soit à la hauteur de ce que je souhaite entreprendre.
Encore une fois, rien de ferme et définitif. Je dois être à Hawaii pour le 23 Septembre et il peut encore se passer beaucoup de choses d’ici là.