devant le nuage

Je me suis fait voler mon tricycle

mai 07, 2015 / by / 0 Comment


Comme vous l’avez certainement compris, il s’est passé quelque chose avec le fameux tricycle. Je me le suis fais volé.
Je tenais donc à vous faire cet article afin que vous appreniez la nouvelle directement par moi et non par le téléphone arable.

 

La vidéo

 

Voici la vidéo où je m’exprime de vive voix. Vous trouverez sensiblement la même chose dans cet article.

La petite histoire

maybell

Je vais essayer de me bouger pour sortir l’article qui raconte ma première semaine aux US avant le vol histoire que vous puissiez voir tous les bons moments que j’ai vécu.
Tout s’est passé dans le Nord Ouest du Colorado, au milieu d’une sorte de désert, avec rien à des kilomètres à la ronde. Je faisais une étape d’environ 130km pour rejoindre un camping fermé (car ce n’est pas encore la saison) et donc gratuit, proche de la petite bourgade de Maybell. J’ai donc atteint ce point vers 16h. Comme il y avait un gros nuage noir avec tu tonnerre qui se rapprochait à une vitesse folle depuis quelques heures je me suis empressé de monter ma tente pendant qu’il ne pleuvait pas et, une fois celle-ci en place, me suis abrité pendant quelques heures sous le toit du chiotte qui était le seul truc qu’il y avait dans ce camping. J’ai attaché le tricycle à un de ses pied avec mon cadenas et voyant que la pluie et le vent ne cessaient pas je suis allé me coucher en prenant toutes mes affaires avec moi ainsi que ma bâche et mes drapeaux (au cas où un mec bourré se déciderait à me les piquer).
 Gros orage pendant une bonne partie de la nuit et pas mal de fatigue j’ai dormi comme un loir sans rien entendre, à part peut être quelques meuglement de steak sur pattes à côté de moi mais rien de que je sois vraiment sûr.
C’est lorsque je me suis levé à 4h du matin pour satisfaire à mes besoins que je me suis rendu compte que le tricycle n’était plus là…
Après avoir retourné tout le camp je plie mes bagages, appelle Stacey (j’étais archi perdu et heureusement qu’elle était là pour m’aider) et attend que le shériff vienne me voir. Il me pose toutes ses questions et me ramène finalement dans le ville de Craig, à 60km de ma position et à plus de 3h de route de chez Stacey. Elle n’a pas voulu que je rentre en stop et à fait le déplacement depuis Idaho Springs pour venir me chercher. A l’heure actuelle je suis donc quelques jours chez elle.

sous la pluie

 

Mes sentiments

 

Sur le coup

J’ai pleuré tout ce que je pouvais. Un peu trop à mon goût même… Mon rêve qui part en fumée après seulement quelques jours. Je n’avais qu’une seule envie c’était de rentrer à la maison, au chaud, dans le canapé et me faire tout petit.

Aujourd’hui

Le dégoût
Je suis vraiment dégouté que ce projet que je bichonnait depuis 5 ans s’arrête net à cause d’un con. Enfin je pense que c’est un con après je me trompe peut être. J’ai sacrifié pas mal de choses pour passer le cap et partir vivre mon rêve. Je vivais pour ce tour du monde. Partir en tricycle pouvait en faire sourire plus d’un mais c’était vraiment quelque chose qui était réfléchis. Je pense que j’avais créer un bon projet grâce au travail que j’avais fourni. Et puis tout s’écroule. Ma motivation avec. Le vol c’est vraiment quelque chose qui m’a coupé l’herbe sous les pieds. Je suis un peu perdu et j’ai plus forcément envie de faire grand chose. J’ai plus cette petite flamme que j’avais lors de mon départ.

La honte
Le tricycle était cadenassé, avec un cadenas à code. Comme je l’avais lu dans les récits de voyageurs, comme les voyageurs me l’avaient conseillé et comme je l’avais fais lorsque j’étais parti en Norvège. Je pense que je n’ai pas fait d’erreur sur ce coup-là mais que j’ai plutôt joué de malchance. Après c’est aussi possible que j’ai oublié de changer la combinaison du code une fois que j’avais cadenassé mais je suis bien incapable de m’en rappeler.
Du coup, je vais garder cette image du mec qui est parti faire le tour du monde en tricycle et qui a tenu une semaine avant de se le faire tirer. Pas facile à assumer mais c’est le jeu.
Je suis aussi mal à l’aise d’avoir vendu du rêve un petit peu à tout le monde et que ça s’arrête de si tôt. Je suis vraiment désolé pour tous ceux qui m’ont soutenu, poussé, aidé, etc… Je vous remercierai jamais assez !

Et maintenant ?

Le moral

J’étais au bout de ma vie hier matin et au fur et à mesure que le temps passe le moral revient aussi. Etonnement. Tout le monde me dit que je suis en vie, qu’ils auraient pu s’en prendre à moi où à mes affaires et que ça reste que du matériel. Ils ont raison. Beaucoup de gens ont bien moins de chance que moi et j’en suis conscient. Je vais donc essayer de ne pas me plaindre.

jevaisbien

Repartir en tricycle ?

Je ne pense pas. Je ne pense pas avoir les épaules pour repartir tout seul sur mon pauvre tricycle. Enfin plutôt un nouveau tricycle. Ce n’est pas un problème d’argent, je suis au tout début du voyage et ait donc des réserves pour les deux prochaines années, mais c’est plus un problème d’appréhension. J’ai réussi à me le faire voler au milieu de nulle part donc qu’est-ce que ça va être quand je vais aller faire mes courses, me promener en montagne, etc… Je me rappelle un message de Jérôme de l’ESF de Flaine qui s’inquiétait pour mon tricycle il y a quelques jours. Je lui ai répondu en lui disant que je m’inquiétais pour pas mal de choses mais vraiment pas pour ça… A ce jour je ne connaissais qu’une seule personne qui s’était fait voler son vélo pendant son voyage. Maintenant j’en connais deux. 🙂

La suite

Je suis donc pour quelques jours à Idaho Springs, ville du début de ce voyage, où je me repose et réfléchis. Je me suis empressé de faire cet article comme pas mal de gens commencent à être au courant de différentes manières. C’était vraiment important pour moi de vous annoncer ça directement. Après je n’ai pas encore assez de recul pour prendre une quelconque décision.
Je n’ai plus spécialement l’envie rentrer en France comme hier, mais je n’ai pas non plus envie de repartir voyager pour dire de voyager. Je pourrai envisager (oui je ne me mouille pas ^^) de reprendre la route si je trouve un nouveau projet où je puisse allier sport, voyage, insolite et conneries. C’est ce que j’ai besoin pour avoir le sourire. Je pense. Parce que du coup un My Bike Is Your Bike sans le Bike ça ne ressemble plus à grand chose…

 

 

Merci à tous en tout cas. Je pense que si je décide de continuer (aussi si je réfléchis en ce moment même) c’est parce que je sais que vous êtes derrière moi et ça me booste pas mal.
Merci aussi à tous les américains, les personnes qui vivent dans le Colorado et la presse locale pour votre implication !! Je reçois de nombreux messages de soutien, des gens qui veulent me repayer un tricycle, des annonces, enfin tout plein de choses qui font chaud au coeur. 
Mais comme vous le voyez dans la photo ci-dessous, je n’aime pas perdre.
Le défi que vous m’aviez lancé aux USA est donc relevé. C’est aussi la dernière photo que j’ai du tricycle. Tout un symbole?

sheriff sur le tricycle