morainelake

Direction les parcs nationaux canadiens

juillet 13, 2015 / by / 0 Comment

Récits de mes premiers pas au Canada. De belles rencontres et de belles expériences. J’ai aussi eu l’opportunité de pouvoir voyager plus sereinement et plus rapidement que ce que j’avais prévu jusqu’en Alaska. Vous allez tout savoir.

 

HelpX à Golden

 

Mes hôtes

Je vous parlais d’une certaine Pauline dans mon dernier article. Lorsque j’ai fais ma recherche sur le site d’HelpX pour trouver un endroit où passer du temps au niveau de Golden une annonce s’est démarquée des autres. Non pas par le boulot proposé mais car Pauline précisait dans l’annonce qu’ils étaient français et qu’ils parlaient français à la maison. N’ayant pas parlé français depuis mon départ à part le fameux « Bonjour, comment allez-vous ? » et ayant le mal du pays j’ai tout de suite envoyé une demande pour venir chez eux. Pauline m’a rapidement répondu pour me dire que c’était okay et qu’elle était originaire… d’ANNECY (20min de chez moi) !!!! Elle est arrivée au Canada avec Raoul, son conjoint, il y a 9 ans dans le cadre d’un PVT (visa vacances-travail) et ils ont décidé de s’installer en Colombie-Britannique.

J’étais initialement prévu pour le 15 Juillet. Ensuite je devais arriver pour le 1er Juillet (je vous explique plus bas pourquoi) mais j’ai finalement posé mes bagages le 26 Juin, le stop s’étant révélé plus prolifique que prévu. J’ai eu un énorme coup de cul que Pauline ait été arrangeante sur ce coup-là.

Les gonzesses

Mon boulot

Pour ce qui est du travail bien sûr ce n’est pas le ranch mais ce sont plus la plupart du temps des choses à faire à l’extérieur. Tondeuse, arrosage des arbres, débroussaillage, rangement, vaisselle… Mais aussi babysitting. C’est fou ce qu’on est amené à faire en voyageant ! J’en avais parlé à Pauline comme quoi je n’en avais jamais fais et que j’étais pas sûr d’être très à l’aise avec des petites de 2 et 5 ans. Mais au final elles sont plus sages quand elles sont toutes seules avec que quand il y a leur maman donc ça va. J’ai eu beaucoup de mal au début comme je me faisais tester par les petites. C’est un peu comme en ski sauf que là c’est moi le chef et je me laisse pas marcher les premiers jours afin que ça se passe bien tout le reste de la semaine. La différence est qu’ici ce n’est pas moi le chef et que je ne me suis pas permis de dire quoi que ce soit. Au final ça c’est bien fini. Pauline a été cool en m’emmenant avec elles quand elles partaient marcher dans les Rocheuses et en me laissant quelques jours plus light.
Quel bonheur ça a été de boire un sirop de grenadine et de manger un vrai morceau de pain comme chez nous.

Les défis

Avec mes histoires de défi je fais chier tout le monde. J’ai essayé de négocier avec les petites pour leur coller un autocollant sur les fesses mais elles ont jamais voulu. Pauline m’a indiqué que ça allait être très difficile car il n’y a pas plus pudique qu’une canadienne et que ma seule chance serait d’essayer de trouver une indienne alcoolique quand je serai dans le Yukon. D’ailleurs Pauline a fait sa petite joueuse car elle a pas voulu non plus. C’est pas une vrai haut-savoyarde…
Du coup quand je lui ai expliqué que je cherchais un animal elle m’a informé que son amie Marie-José avait un yack. Dès que j’ai su ça je ne l’ai pas lâché et elle a finalement contacté sa pote l’avant veille de mon départ pour que j’y aille le lendemain. Je me suis donc retrouvé à pédaler jusqu’à la bourgade de Parson pour aller trouver cet animal qui, je pensais, vivait seulement en Himalaya et dans les steppes de Mongolie. « Bonjour, je suis le Monsieur qui vient pour embrasser votre yack ». Franchement les gens doivent me prendre pour un fou… Marie-José me présente donc son yack, je fais mon affaire, et je repars. Oui je n’ai pas traîné là-bas car ça me faisait une journée de vélo à 70km mine de rien. Me laisser pousser la moustache aurait été moins compliqué. En rentrant je me suis arrêté pour aller voir un objet au bord de la route qui figure dans le « Guiness Book des Records ». La plus grande pagaie au monde. Vous aussi vous trouvez ça inutile ? Attendez. Je ne vous l’avais pas dit mais Stacey aussi est détentrice d’un record du monde. Elle m’expliquait qu’elle faisait partie de l’équipe qui s’est enfilé le plus grand nombre de shooters accrochés à un même ski. Mais où va le monde ?

lapagaie

 

Les parcs nationaux

Le plan

J’avais initialement prévu de remonter jusqu’en Alaska en stop. Il se trouve que lors de mon séjour dans le ranch dans le Montana la deuxième helpeuse qui était avec moi, prévoyait elle aussi de monter en Alaska, aux mêmes dates que moi, avec sa voiture. On a finalement décidé de faire la route ensemble. Cela s’annonce plus confortable pour moi et va me permettre de bien profiter des parcs nationaux. Je vais aussi pouvoir couvrir une plus grande distance beaucoup plus rapidement dans le Nord du Canada où c’est assez sauvage sans rien à des kilomètres à la ronde. Lauren est donc venu me chercher sur Golden, porte d’entrée des parcs canadiens, pour que l’on poursuive le voyage ensemble sur plusieurs semaines.

Banff National Park et Lake Louise

Ce nom me fait rêver depuis bien des années maintenant. Non pas pour le célèbre lac qui a donné son nom à cette station mais pour ses pistes de ski. Enfin sa piste de ski. Celle qui est pour moi la plus belle descente de coupe du monde du circuit. J’ai toujours dit qu’un jour j’irai pour voir en vrai les paysages que je voyais à la télévision. C’est chose faite et j’en suis très content.
A côté de ça il y a de très beaux endroits à voir. Je vous en parle dans un prochain article où je recenserai les meilleurs spots à visiter dans ces parcs nationaux.
On m’avait annoncé que le parc national de Banff regorgeait d’ours. Il y a même une route qui permet de descendre de Lake Louise jusqu’à Banff afin d’observer de nombreux animaux pendant 50km. Résultat j’ai vu une biche… Le lendemain par contre je vois un ours noir à une centaine de mètres de moi. Manque de bol j’étais tout seul en dehors de la voiture. Cela faisait 30 secondes que je marchais sur un petit sentier car j’avais décidé de ne pas aller où tous les touristes vont et de tenter de grimper au sommet de la piste de coupe du monde pour voir le début du couché de soleil. Au final j’ai préféré faire demi-tour ne me sentant pas d’humeur à croiser 15 ours pendant les 7km de montée.

agneslake

Jasper National Park

Je retrouve donc Lauren et nous attaquons notre remontée en direction de Jasper. Elle souhaite arriver rapidement en Alaska afin d’avoir le temps de profiter là-haut. Du coup les journées étaient très chargées avec plusieurs randonnées qu’on enchaînait afin d’en voir le plus possible. Si l’on ajoute à cela mes nuits très courtes et pas très confortables la fatigue et les courbatures me mettent la misère. Mais j’en prend vraiment plein les yeux et ça vaut vraiment le coup de se faire mal. Après deux jours de remontée nous arrivons dans la ville de Jasper où nous attendais une grosse randonnée bien difficile au fin fond du Lac Maligne. Apparemment la Bad Hills serait la plus belle du parc. Vous savez comme je suis chanceux… Un incendie s’est déclaré la veille et tout le monde a été évacué. Résultat la route pour y accéder venait d’être coupée et on l’a eu dans le baba. Ca m’a fait la même chose pour le canyon Johnston (vraiment magnifique de ce qu’il se dit) où une chute de pierres à eu lieu quelques heures avant qu’on arrive. Ca me fait une excuse pour revenir me promener dans quelques années.
La veille de sortir du parc j’ai quand même eu la chance de voir mes premiers animaux sauvages. Les premières je sais pas trop ce que c’était. Certainement un croisement avec une chèvre, un bouquetin, un mouflon et un lépreux. Pas très très joli. Ensuite, ce sont des chipmunk géants très curieux qui sont venus me voir lorsque j’étais tout en haut de Sulphur Skyline. Et enfin, le meilleur pour la fin, un grizzly. C’était mon premier. A 50m de la route et seulement à 2-3 kilomètres d’où on prévoyait de passer la nuit. A vrai dire il se souciait pas trop de nous. On était des dizaines de touristes arrêtés sur le bas côté pour prendre des photos et ses baies l’intéressaient plus que notre cul. Mais je suis content d’en avoir vu un avant l’Alaska.

Je sais que je ne sais rien

Descartes. Et oui 16/20 au Bac de philo vous croyez quoi ? Cette petite phrase résume bien la situation. Je n’aurai jamais pensé ça mais le Nord du Canada et l’Alaska sont sujets à d’immenses incendies chaque été. Le réchauffement climatique fait qu’il y a de moins en moins de neige l’hiver et que les forêts sont plus sèches que d’habitude. Surtout cette année. Certaines routes qui montent en Alaska sont donc fermées car des feux de plus de 100m de haut ravagent les forêts au bord des routes. Lauren n’est donc pas certaine de monter en Alaska, surtout que ce n’est pas prévu de s’améliorer. Si elle ne monte pas moi j’ai toujours mon avion le 23 Septembre à aller chercher. Et avec elle ou en stop, si les routes sont fermées cela risque de me poser un tout petit souci pour traverser. Les feux ravagent aussi tout le centre et le nord de l’Alaska, y compris le parc national de Denali où je comptais passer un bon bout de temps. Si rien ne change je risque certainement d’être coincé dans le Sud et de ne pas pouvoir voir tout ce que j’avais prévu. Enfin bref c’est la merde. C’est donc à la one again totale que vont se passer mes 2 derniers mois en Amérique du Nord. Ce sont les imprévus du voyage mais c’est vraiment difficile à gérer. Je n’ai pas encore assez d’expérience de backpacking pour pouvoir me retourner facilement sans y laisser trop de sous. Parce que voyager avec l’argent rendrait les choses tellement plus simple mais ça ne colle pas avec ce que je suis venu chercher.

sulphurskyline

Je vais donc réfléchir à tout ça dans les prochains jours. Vous préparer un article avec de belles photos de ce que j’ai vu cette semaine. Et quoi qu’il en soit je fais route vers le nord et on verra ce qu’il se passe sur le chemin.