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Bref, je fais le tour du monde

avril 29, 2015 / by / 0 Comment

 

Ca y est, j’ai enfin entamé ce que j’attendais depuis plusieurs années : ce fameux tour du monde ! Du coup je vais vous expliquer, si ça intéresse quelqu’un, comment j’ai vécu ce départ. Une chose est sûre, jamais je n’aurai pensé que ce soit aussi difficile…

Avant le départ

 

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Jusque là pas trop de problème au niveau de la gestion du stress. Ca allait pas trop mal. Gautier de 1 Vagabond en roue libre et Marcelo de 5cub sont venus passer quelques jours à la maison. Le premier a attaqué son tour du monde à vélo il y a un mois tandis que le second, qui vient du Salvador, arpente les routes depuis 2 ans déjà. L’occasion pour moi d’avoir de précieux conseils au moment où j’étais en train de finir de faire mon sac. Par contre, à ce stade, les jours défilent à une vitesse…

J-4

Ma copine m’emmène deux jours en Italie dans des thermes afin de passer de bons moments avant le départ. Cela m’a permis de faire le vide et de me détendre à quelques jours de mon vol. Vraiment bien.

J-2

Retour en France. Tout s’accélère. Encore et toujours de la paperasse à faire. Toute ma famille est venue fêter mon départ et mes amis ont pris le relais le soir. Certains font des chansons pour se revoir 10 ans plus tard, d’autres partent faire le tour du monde et arrivent à réunir des vieilles têtes disparues du bataillon depuis 7-8 ans. Un excellent moment de passé. Certains sont venus de Paris, Bordeaux, Bruxelles ou encore Lyon pour me dire au revoir. Ca fait grave plaisir.
Du coup j’ai versé mes premières larmes pour Mathieu et Sven (ils ont même pas chialé les cons). Une soirée extraordinaire, riche en émotions ainsi qu’en alcool. Un mélange plutôt pas mal.

party1

J-1

Pas le temps pour la gueule de bois. Il faut finir de ranger les affaires (ça passe), aller au dernier repas de famille (ça passe un peu moins) et enfin plier le tricycle pour l’emballer afin qu’il rentre dans l’avion. Si vous aviez vu ma tête lorsque mon père à commencer à démonter des pièces que je ne connaissais même pas. Je me suis dis « Mon coco, quand tu vas être tout seul à Denver pour remettre ça en place tu vas être bien ». Mais au final, il était bien compact et bien protégé donc cool.
Un dernier bisou à la maman. Sa dernière question avant de me laisser partir « Val, tu as pris ton bonnet ? » « Oui maman, t’inquiète pas. Maintenant direction la maison pour une dernière soirée en France.

party2

 

Jour du départ

 

2h du matin

Jusque là je n’avais pas eu d’insomnie quand à ce voyage. Mieux vaut tard que jamais comme dirait l’autre… Le palpitant qui tape à fond, crises de sueur, envie d’aller aux toilettes toutes les 5 minutes, bref la totale. Au final je n’ai pas beaucoup apprécier cette dernière nuit car la pression s’est bien fait sentir.

8h du matin

Là c’est le moment où j’explose. Je crois que j’ai bien passé une heure à chialer sans pouvoir m’arrêter… C’est assez bizarre a expliquer mais pleins de sentiments se mêlent et il faut évacuer. Tu te dis sans cesse « c’est la dernière fois que je fais ci, que je fais ça » et c’est dur à accepter.

12h de midi

Là c’est le moment ou Amandine explose. Deux madeleines à la maison, c’est du beau. A chaque fois qu’on se regardait on pleurait. Ambiance géniale pour les dernières heures, non ?

15h de l’après-midi

Il est l’heure de partir pour l’aéroport. Baptiste est venu nous chercher et on retrouve mon père sur la route. Je quitte la France et traverse mon premier pays : la Suisse ! Après des feux rouges à tir la rigo et les bouchons qui vont avec on arrive enfin à l’aéroport de Genève.
Après avoir déposé mes bagages, direction le Starbucks. Dernières scènes de rire lorsque mon père se renverse son jus d’orange à 6€ dessus et quand je vois la tête que fait Baptiste à chaque fois qu’il avale une gorgée de son milkshake au thé Moka.
Viens le moment tant redouté, le temps du « Kiss and cry ». Le point positif c’est qu’après, quand ils ont du voir ma tête à la douane, personne n’a voulu me palper quoi que soit. Une très bonne chose.
Je m’envole donc pour Amsterdam et ma fameuse escale de 17h…

 

Je commence mon tour du monde

 

Me voilà donc aux Pays-Bas. Une fois mes bagages récupérés je pars à la recherche de ma chambre d’hôtel pour passer la nuit. Je trouve une chaise, m’installe, ça fera l’affaire. Enfin, jusqu’à ce que je vois deux clochards qui poussent un autre clochard assit dans un charriot remplit de bières. La nuit va être longue… Du coup j’inaugure mon cadenas Pacsafe et attache tout mes sacs à mon pantalon. Inutile de préciser que j’ai fais une petite nuit mais tout s’est bien passé.
Le hic a fait son apparition le lendemain au moment de m’enregistrer. Pour entrer aux USA je dispose d’une ESTA (document nécessaire pour un séjour inférieur à 3 mois) qui me suffit puisque je ne reste jamais plus de 90 jours d’affilés aux Etats-Unis. Bien que j’ai mes billets d’avion qui me font quitter le continent en Octobre je ne dispose d’aucune preuve qui atteste que je vais quitter les USA pour un passage au Canada dans deux mois. Je me vois refuser l’entrée à bord de l’avion. Grand moment de solitude. Je m’imaginais déjà comment j’allais vous expliquer que mon tour du monde avait duré 1 jour et que j’étais de retour à la maison. Au final elle m’a fait acheter un billet Seattle-Vancouver (150 boules !!) qui va me servir à rien mais ça lui faisait sa preuve et ils me le demanderont quand j’arriverai aux USA. J’ai donc eu droit au « Welcome to Icelandair ». Il y a des bifles qui se perdent moi je vous le dis.

Bon Plan : Icelandair est une des dernières compagnies à accepter 2 bagages en soute. J’avais cru comprendre qu’ils ne devaient pas dépasser 42kg mais, quand je suis allé demander lors de l’enregistrement pour être sûr, la dame m’a indiqué que du moment que chaque bagage ne dépassait 33kg je n’avais pas à m’inquiéter. Du coup je n’ai rien payé en plus (ça compense mon faux billet).

Je file donc en Islande, deuxième escale du trajet, avant de repartir pour Denver. J’ai eu la chance d’observer le Groenland depuis l’avion. De grands pics qui dépassent une mer de nuage de 500m à 1000m (je pense). Enfin c’est pas un mer de nuages, c’est une mer tout court. Une mer gelée.
Vraiment joli.

Les Etats Unis d’Amérique

 

Passage des douanes

Petite appréhension à la sortie de l’avion. Bien que j’ai mon ESTA je peux encore me faire refouler ici. Je me retrouve à me faire questionner par l’agent des douanes. Après avoir répondu comme je pouvais à ce que j’avais cru comprendre je me suis fait gratifier d’un « Welcome to the United States » au moment où il m’a rendu mon passeport. « Et mon billet d’avion à la con tu me le demandes pas connard ? » A noté que ces mots ne sont pas sortis de ma bouche… 🙂
Une fois ça de fait, je récupère mes bagages, qui sont tous les deux présents à Denver. Un petit miracle ? Au moment de porter le sac du tricycle je le secoue un peu. Pas de bruit suspect, un bon point.
Ensuite, je me dirige vers un autre douanier qui envoie tout le monde vers des rayons X situés sous une grande pancarte verte « Department of Agriculture ». C’est à ce moment que je prend conscience que le morceau de comté que je ramène à ma couchsurfeuse, qui n’est pas sous vide et qui commence à embaumer tout mon sac peut me poser un petit problème. Mais je ne sais pas ce qui a pris au douanier, au lieu de me faire faire le petit détours par les rayons il me fait signe de me diriger directement dans le hall de l’aéroport. Une bonne chose de faite.

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Pouvez-vous m’indiquer la route pour aller à Denver, en vélo ?

C’est la question que j’ai posé aux personnes chargées de l’information des touristes à l’aéroport. « En vélo ? » Genre, t’es con ou t’es con toi ? J’ai bien essayé d’insister en disant que d’autres voyageurs l’avaient fait mais elles n’ont pas su me répondre et m’ont renvoyé vers un loueur de voiture qui auraient peut être des cartes pour moi. Arrivé vers ce monsieur c’est sensiblement la même réaction. Je lui raconte un peu ma vie comme il semble intéressé et il me fait passer derrière le comptoir pour me montrer ses cartes et m’expliquer que ce que je cherche à faire c’est très dangereux. Bon, je vous passe tous les détails mais vient le moment où il me demande le numéro de téléphone de Stacey (ma couchsurfeuse) et l’appelle pour lui expliquer la situation. A l’initial je devais trouver un endroit où dormir dans l’aéroport, monter mon tricycle aux aurores et partir le lendemain pour Idaho Springs, à 110 km d’où je me trouvais pour arriver le soir chez Stacey.
Au final, ayant refusé qu’elle vienne me chercher à l’aéroport (sinon elle l’aurait fait), je paie 50$ et le gars m’a emmené jusque chez elle, à 22h, et un jour plus tôt que prévu. Quand j’ai vu l’état des routes je me suis dis que 50$ pour rester en vie ce n’était pas forcément cher payé. Le « tout est plus grand aux USA » prend tout son sens.

Idaho Springs

Du coup je vous écris de cette petite bourgade de 2000 habitants située à 2500m d’altitude à l’entrée des Rocheuses. Il y a même un magasin qui vend de la Marijuana et toutes sortes de drogues puisque c’est légal dans le Colorado. Je me remets tranquillement de mon voyage, du jet lag et de mes émotions. Pas facile, j’ai encore bien le bourdon. Il a fallu que j’attende de sortir de me promener dans la ville pour voir que j’étais dans un endroit complètement différent de ce que j’avais toujours connu et me rendre compte que le voyage que j’attendais depuis si longtemps avait bel et bien commencé.
Stacey est vraiment super cool ! Elle a passé je ne sais combien de coups de fil à tous ses potes pour savoir quels « Bicycle pass » étaient ouverts ou non, me trouver des cartes plus précises que les miennes… Elle m’a même donné son numéro de téléphone qui me permet, au moment de payer mes courses dans n’importe quel supermarché du pays, d’avoir une réduction qui va entre 10 et 20%. Et des trucs comme ça j’en ai plein !
Tiens d’ailleurs aujourd’hui je m’apprête à aller faire un truc de fou ! Mais quand je vous dis un truc de fou c’est un truc que jamais je n’aurai pensé pouvoir faire, ni dans ce tour du monde, ni dans ma petite vie. Mais ça je vous le raconterai dans le prochain article, histoire de vous tenir en haleine 😉

Voilà voilà. Je crois que j’ai fais le tour de tout ce qu’il s’est passé ces derniers jours. Je commence tranquillement à me rebooster après ce départ hardcore. J’espère que le plus dur est derrière moi et que je vais pouvoir bien profiter à partir de maintenant.

Ah oui j’oubliais. Elle m’a aussi expliqué que les pumas ne vivaient pas seulement en Argentine et les Ours pas seulement au Canada. Apparemment il me reste environ une semaine avant la fin de l’hibernation… Mais sinon tout va bien. 🙂

idahosprings