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Ascension du Kilimanjaro

août 01, 2014 / by / 0 Comment


Le grand jour est arrivé. Je décolle pour la Tanzanie afin de tenter de grimper le plus haut sommet d’Afrique. C’est mon dernier voyage avant le départ du tour du monde qui a pour but de tester mon mental, dans des conditions qui me sont totalement inconnues, ainsi qu’un peu de matériel.
Pour cela Amandine, Aurélie et Laetitia ont décidé de m’accompagner.
Je vous propose donc de vivre ce trek tel que je l’ai vécu.

 

Si vous voulez regarder la vidéo, faites vous plaisir :

 

L’ascension du Kilimanjaro

Arrivée en Tanzanie

Premiers pas en Afrique, première gaffe. Comme en Grande Bretagne, les tanzaniens conduisent à gauche. Drôle de sensation de monter et de se retrouver à la place du chauffeur. Tout commence donc dans la joie et la bonne humeur.
Après 1h de route, nous arrivons au coeur d’Arusha, ville d’un million d’habitants et porte d’entrée du Kilimanjaro et des Safaris. La ville se veut moderne dans ses hôtels à touristes mais reste pauvre et ressemble exactement à ce que nous, occidentaux, avons comme image de l’Afrique. Je pensais que l’omniprésence des touristes aurait fait se développer la région. Vraisemblablement non.
Une fois installés à l’hôtel nous rencontrons Nicolas et Sophie, deux parisiens, qui partagerons l’aventure avec nous.
Deuxième rencontre : Paul, notre guide venu nous faire un topo en cette veille de départ. Il nous explique que jamais personne n’a abandonné avec lui (personne le croît). On essaie de se rassurer avec ça car aucun de nous 6 n’a jamais passé la barre des 4000m lors d’une randonnée. Paul nous salue et nous partons dans nos chambres respectives afin de profiter d’une dernière nuit au chaud sur un bon matelas.

Day 1

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Machame Gate

Ca y est on est parti ! Il est 10h et nous sommes en route pour la Machame Gate. Cette voie est réputée comme étant la plus difficile mais aussi la plus jolie. Nous avons décidé de la faire en 6 jours (question de budget).
Après les formalités administratives, la distribution des lunch box et la pesée pour les sacs des porteurs – qui ne doivent pas dépasser 20kg (en théorie) – nous démarrons notre ascension.
Première bonne nouvelle, nous ne marcherons que 5h pour rejoindre le premier. C’est donc « Pole Pole » (doucement doucement) que nous avançons dans la jungle. Le Blue Monkey est la première « bête sauvage » que nous rencontrons. Ce sont des petits singes qu’on trouve partout en Tanzanie et qui doivent leur nom à la couleur de leurs testicules en période de reproduction. Cette première expérience dans la jungle me plaît beaucoup. Je ne m’attendais pas à trouver une telle densité de végétation entre 2000m et 3000m.
Le guide et ses deux aspirants nous forcent à nous hydrater fréquemment afin de lutter au mieux contre le fameux Mal Aigu des Montagnes (MAM) qui nous inquiète tant. Malgré les nombreuses pauses à répétition nous arrivons dans les temps au premier camp, le Machame Hut, et allons pointer à la cabane des gardes. Il y a pas mal de monde sur le camp ce soir mais moins que ce que je pouvais imaginer. Finalement l’autoroute qui mène au Kilimanjaro n’est pas si grosse que ça. Nos tentes, la tente messe et le repas sont déjà prêts. Nous n’avons plus qu’à nous asseoir et mettre les pieds sous la table. On ne s’attendait pas à avoir autant de confort et du coup on culpabilise un peu de faire porter tout ça à notre équipe. Bien que tous les esprits sur le camp ne soient pas encore fatigués je ferme les yeux à 19h30, repus par l’excellent repas du cuisto.


Day 2

 Fini la jungle, la barre des 3000m nous a changé d’étage et nous offre un milieu beaucoup moins humide et nos premiers Seneçons Géants (plantes emblématiques du Kili). Le chemin de ce deuxième jour est très étroit et le fait que les porteurs soient restés démonter le camp après le départ nous oblige a nous arrêter régulièrement pour les laisser passer. Une bonne excuse pour les pauses pipi à répétition dues à toute l’eau ingurgitée. Avec 3 porteurs par personne il y en a du monde qui te passe devant. Contrairement à nous ils ne marchent pas Pole Pole.
Bref, toute la journée se passe au frais dans le brouillard. Après 4h de marche et 800m de dénivelé nous atteignons Shira Hut. Les sac à dos posés et la toilette faite, Paul vient nous chercher pour aller faire « une ballade d’acclimatation » d’une heure à 3900m.

Day 3

2h du matin, je suis réveillé par une de mes habituelles envie d’aller aux toilettes. Sauf qu’à 3800m, à cette heure là, tout est gelé. Je fais donc ma petite affaire juste a côté de la tente en regardant les lumières au fin fond de la vallée qui se dessinent par cette nuit dégagée. C’est la première fois depuis mon arrivée que je vois un ciel dégagé, mais la chaleur de mon sac de couchage me rappelle vite que je me pèle les miches (c’est de cette façon qu’on s’exprimera avec nos guides pour leur indiquer qu’il fait froid, avec le fameux « ça caille »)…
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5h plus tard on avale le petit déjeuner bien copieux et bien huilé que notre cuisinier nous a préparé. Ensuite c’est le départ pour notre première journée « crash test » avec plus de 7h de marche et un passage d’acclimatation à 4600m pour jauger le MAM. Ca commence à parler sérieusement de Diamox (médicament pour lutter contre le MAM) mais Paul semble contre. A peine 30 minutes plus tard nous croiserons le premier abandon.
A 4000m on dit au revoir à la végétation et bonjour à la roche volcanique et la poussière. Le grand ciel bleu nous permet de contempler en contre bas le plateau de Shira et le Mt Meru (4565m) qui est le deuxième plus haute montagne de Tanzanie. C’est magnifique. On arrive tous ensemble en début d’après-midi à la Lava Tower, point culminant dans notre randonnée du jour. Le mal de tête a gagné une partie du groupe après la barre des 4300m. Personnellement, tout va bien, j’ai juste un peu froid à cause du vent, comme les guides apparemment qui nous pressent de finir de manger, nous remettent les sacs sur le dos et attaquent la redescende dans la Barramco Valley.
Sur le chemin on double un groupe de russes que nous avions remarqués les jours précédents du fait qu’ils correspondaient au vrai cliché sur les russes : pas aimable, arrogants, hautains… la totale. Tout le monde avait entendu parlé d’eux. Cependant ils faisaient bien moins les malins à ce moment là, un d’eux était vraiment dans le mal. Au final ils arriveront plus d’une heure après nous au camp (malgré qu’Augustine, notre aspirant, se soit trouvé une nouvelle passion et nous ai vidé 2 batteries d’appareil photo) et nous apprendrons que le médecin les évacuera le lendemain.


Day 4

Voilà, on vient déjà de passer notre dernière « vraie » nuit, dans 24h, si tout va bien, on sera au sommet. A vrai dire pour le moment tout le monde est pas mal stressé. Ceux qui avaient été épargnés par le MAM hier à 4600m se sont pris une barre dans la tête à l’arrivée au camp le soir à 3900m… Du coup on s’est décidé, après de longues discussions, et nous avons tous pris du Diamox, contre l’avis de Paul (mais on ne sait toujours pas pourquoi).
On voit la civière sur le camp prête pour le russe avec des porteurs autour. Ils ont l’air de préparer la descente. Nous on a une petite falaise de 600m à grimfalaise-barramcoper par contre. Avec les nombreux passages aériens du chemin on se retrouve rapidement dans les bouchons.
La vue d’en haut est vraiment très belle : le Kibo (Dôme qu’on voit sur toutes les photos liées au Kilimanjaro) d’un côté et le Mt Meru avec sa mère de nuage de l’autre. Encore trois heures de marche et nous arrivons à 4000m sur un camp où nous attend notre cuisto avec un plat de frites et un bon steak. Tip top. Mais bon pas le temps de traîner, les guides nous pressent. Plus vite on part plus vite on arrive. Et plus vite on arrive plus vite on dort. Jusque là ça se tient. L’après-midi se passe bien pour tout le monde, nous arrivons sans trop de difficultés au Barafu Camp, dernier camp de base, à 4600m. Le Diamox à l’air d’avoir fait son petit effet, c’est cool !
A 18h30 Paul vient nous expliquer le déroulement de la prochaine nuit. Un guide en France m’avait dit : «  Quoi qu’il arrive, quoi qu’ils te disent, il faut que tu partes à tout prix avant 23h30 ». Là Paul nous sort qu’à la vue de notre niveau le départ est prévu  pour 1h du matin. Je lui explique donc que ça fait trop tard et que nous souhaitons partir plus tôt mais il nous pond une histoire qui n’a ni queue ni tête avec les variations de températures, que l’on va avoir trop froid si on part plus tôt, etc… Bref, on comprend qu’il veut dormir plus longtemps et que c’est lui le guide donc on doit lui faire confiance. Il nous garantit que nous irons Pole Pole et qu’on fera des pauses courtes, mais fréquentes (pour le froid). Du coup on file coucher à 20h pour essayer de dormir ce qu’on peut. Avec le stress je ferme les yeux à 22h.


Day 5

Minuit. Masha, notre serveur et réveil officiel depuis le début du trek vient taper à la tente avec son habituel « Have a nice sleep ? ». Le « Yes » était plus par politesse cette fois-ci. Je suis le premier sous la tente messe à prendre mon thé et essayer de prendre des forces avec troisleve-de-soleil-kilimanjaro biscuits qui se courent après… Bizarre et rageant de partir le ventre vide dans cette ultime grimpée. L’heure tourne et les autres arrivent petit à petit. Au final l’avance du départ qu’on avait réussi avait réussi à gratter n’a servi à rien. On décolle à peine avant 1h…
Chacun a son opinion mais je suis content de faire l’ascension de nuit. Voir seulement les lumières des groupes qui nous précèdent qui disparaissent à chaque butte est moins décourageant que de voir le gros dénivelé de 1300m qui te séparent d’Uhuru Peak.
Après 1h de marche j’ai la confirmation de ce que je pensais; on est bel et bien le dernier groupe à grimper de nuit.
Les premiers signes d’agacement commencent à apparaître du fait des changements de rythme incessants et du froid qui commence à gagner les extrémités du fait de notre allure actuellement très lente. La barre des 5000m franchit, Aurélie est la première du groupe à lâcher. Le stress et son mal de gorge qui l’empêche de respirer correctement depuis Lava Tower ont eu raison d’elle. Elle rentre au camp avec Alexis, un porteur qu’on avait pris en plus pour cette dernière nuit. Du coup Paul a la bonne idée de bien accélérer la cadence. Mauvaise idée. On perd Amandine 500m plus haut qui n’arrive plus a respirer. Tenter de continuer, même si prêt du but, serait trop dangereux. Elle repart également nous attendre au camp.
Ca commence a être tendu, 2 abandons sur 6, bien qu’on soit toujours au-dessus de la moyenne (55% en moyenne atteignent le sommet), ça ne nous plaît pas du tout. Surtout que Sophie se met à vomir. Du coup on ne s’occupe plus du rythme de Paul et nous nous efforçons de rester groupir tous les quatre. Un peu plus tard c’est à mon tour de sentir la fatigue arriver. Les cuisses sont très très lourdes. Nico me lance un « Ca va Val ? », « Je suis défait, et toi ? », « Ouais je suis fracasse aussi ». Ca me rassure, on est pas les seuls à galérer avec Sophie. Bon quand je me retourne 5 minutes plus tard et que je le vois sans ses bâtons en train de la pousser je me dis qu’on doit pas être « fracassé » pareil. Je regarde Laetitia et lui demande si de son côté ça va : « Ouais ouais nickel ». Laetitia, 1m60, 50kg toute mouillée. Elle m’a tué là.
Les premières lueurs du jour apparaissent (ce qui signifie qu’on devrait être à Stella Point) et je suis tellement perché que c’est Paul qui vient m’éteindre ma frontale. Je crois comprendre que Nico et Sophie veulent faire une pause pour regarder le lever du soleil. Rien à foutre du soleil, déjà que j’ai du mal à mettre un pied devant l’autre. Je continue donc d’avancer tout seul et Paul m’accompagne du coup. Au final j’ai bien fait car ils me rattrapent juste avant d’arriver à Stella Point. Nous devions mettre 45min depuis le départ d’Amandine, ça fait au moins 1h30 qu’elle nous a laissé…
Mais bon, le plus dur est derrière nous, le dénivelé qu’il nous reste jusqu’à Uhuru Peak n’a quand même rien à voir. J’ai quand même toutes les peines du monde à me motiver pour finir cette ascension. Au bout de ma vie, et apparemment blanc comme un cachet d’aspirine, je lance un « Paul ! My bag… ». Il vient me le prendre en rigolant et prend celui de Laeti par la même occasion qui commence à être dans le mal aussi. Ah bah quand même ! J’ai cru qu’elle était increvable. Increvable c’est peut être le mot qui désigne le mieux Nico qui commence à galoper dans tous les sens pour prendre des photos.
Mine de rien cette crête monte bien et le corps a de moins en moins de force. On a rattrapé pas mal de groupes et tout le monde est dans la même galère. Je m’assois sur un rocher pour me reposer un moment. Ceux qui redescendent ont le sourire jusqu’aux oreilles et me lancent des « good luck », « it’s not so far »… et je vois Paul qui vient me chercher avec  « Val ! Don’t sleep ! Don’t sleep ! » Ah oui. On avance donc Pole Pole de chez Pole Pole avec Laetitia. Plus de traces de Nico et Sophie. Ils sont avec Habibou (l’aspirant) donc on continue d’avancer. Et puis on passe la dernière butte, après 45 minutes sur cette crête nous tenons enfin notre Graal. La fatigue a disparu pour les derniers mètres qu’il nous reste à faire. On arbore tous les deux notre plus grand sourire. Nous sommes arrivés. On se tombe dans les bras et les larmes de joie commencent à couler. La pression et le stress redescendent d’un coup. J’ai atteint le sommet du toit de l’Afrique.sommet-du-kilimanjaro
Un grand sentiment de fierté et de devoir accompli m’envahit. On oublie comment on va devoir s’y prendre pour redescendre et on profite du moment. Paul vient nous prendre dans ses bras et nous emmène devant le panneau pour prendre les tant attendues photos. La tu essaies de sourire en prenant la pose et faire style que tu es easy mais c’est pas le cas. Les minutes passent très vite et ce n’est pas bon pour le corps de rester trop longtemps au sommet. On attend quand même Nico et Sophie pour faire des photos tous les quatre et on se lance dans la descente qui va durer 2h.
Quand tu descends tu es dans un bien meilleur état qu’à la montée et physiquement cela ne pause aucun problème. Tu prends le temps de regarder autour de toi et là tu constates les dégâts sur les autres marcheurs. On croise Jared, un jeune canadien de 14ans (le plus jeune de notre « promo »), dans état second au Stella Point, qui est appuyé sur son guide (il faut dire qu’avant la dernière nuit il vomissait 4x par jour à cause du MAM) pour la redescente. Chapeau bonhomme. Il y a aussi une danoise, assise sur son rocher, de la crème solaire plein la figure avec un filet de bave qui est complètement explosée. Au final on ne s’en sort pas si mal et arrivons au Barafu Hut sans problèmes. Il n’y a que Amandine. Ils ont dû redescendre Aurélie au camp suivant car son état ne s’était pas amélioré. Tout le monde est cuit et part dormir une petite heure avant le repas du midi. Nous partirons directement après pour une nouvelle descente de 4h cette fois ci afin de rejoindre le Mweka Camp où nous passerons notre dernière nuit. Les derniers kilomètres sont longs. 14h de marche dans les jambes depuis cette nuit ça commence à se faire sentir. On retrouve Aurelie qui a elle retrouvé ses couleurs.
Paul vient nous voir après le repas pour débriefer du trek et prendre des nouvelles sur l’état de ses troupes. Il nous apprend aussi que le russe est décédé d’un œdème pulmonaire hier. Il n’a pas réussi à passer la nuit, mais le guide ne voulait pas nous l’annoncer avant histoire de pas nous inquiéter. Après avoir parler u petit moment à ce sujet nous partons nous coucher. Inutile que je vous précise l’heure à laquelle je suis tombé dans les bras de Morphée.


Day 6

Et voilà c’est le dernier jour. Dans quelques heures l’aventure se termine et je vais avoir le droit à une douche !
Avant cela nos porteurs nous chantent la chanson du Kilimandjaro (où la chanson du pourboires ça dépend) et on entame nos 3 dernières heures de ce fantastique trek. Bon je vous le cache pas ce dernier jour est carrément chiant. Toute l’excitation est retombée. La végétation est la même que ce qu’on a vu quelques jours plus tôt et tout le monde est pressé d’en finir. Après l’interminable matinée on arrive enfin à la Mweka Gate. L’équipe est déjà dans le bus à nous attendre. Le dernier pointage fait, Paul remet leur diplôme à ceux qui sont arrivés au sommet, puis tout le monde file dans le bus pour rentrer sur Arusha. Ascension du Kilimanjaro terminée maintenant repos.

 

Bilan

Je suis très content de ce court séjour en Tanzanie. Tout d’abord parce qu’il a répondu à mes attentes (en terme de gestion mentale mais aussi au niveau du test d’une partie du matériel). Mais aussi parce qu’au niveau du timing, de la pratique et du budget j’ai dû faire l’impasse sur le continent africain pour le tour du monde. Je suis donc heureux d’avoir pu fouler ce sol au court de cette préparation.
Pour ce que est de l’ascension en elle même j’en retiens des paysages magnifiques et complètement différents les uns des autres. Je vous souhaite à tous de pouvoir vivre des émotions identiques à celles que j’ai eu au sommet. Je n’ai même pas de mots pour les décrire.Attention aussi ! Le Kilimanjaro n’est pas une partie de plaisir. C’est toujours plus simple de dire que c’est facile une fois que c’est terminé ou quand on ne l’a jamais fait.

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Mal Aigu des Montagnes et Diamox ?

Je vous étale toute ma science sur ce sujet incontournable de la haute altitude dans ce paragraphe. Il pourrait vous être utiles d’avoir quelques notions sur le MAM avant d’entreprendre une activité en haute montagne.

Le Mal Aigu des Montagnes (MAM)

C’est un syndrome de souffrance lié à :

  • Une montée trop rapide en haute altitude
  • Une absence d’acclimatation
  • Une sensibilité personnelle plus ou moins importante

C’est une maladie fréquente qui touche les gens en bonne santé mais exposés à un environnement extrême de haute altitude. Même si l’incidence est variable, 60% des personnes commencent à le ressentir à 4000m.
Il apparaît après un délai de quelques heures en altitude, régresse avec l’acclimatation et tend à disparaître au cours de la descente.
La cause du MAM est que la pression atmosphérique, et donc la pression partielle en oxygène, décroissent avec l’altitude. De ce fait le corps met en place des mécanismes compensateurs (hyperventilation, augmentation de l’hémoglobine…) pour permettre une adaptation au milieu.
Lorsque ces mécanismes compensateurs sont insuffisants, ou qu’ils n’ont pas le temps de s’installer, on ressent les symptômes du MAM.

Pour combattre au mieux ce MAM il est nécessaire, en plus de ce que je vous ai cité juste au dessus, de vous hydrater énormément.
Etant donné que vous êtes en altitude la transpiration s’évacue instantanément sous forme de vapeur d’eau. L’effet du vent dessèche également la peau. De plus, l’hyperventilation (fait de ventiler d’avantage pour consommer une même quantité d’oxygène) entraîne une déshydratation importante par les voies aériennes (20% des pertes d’eau).
Boire beaucoup va apporter de l’oxygène à l’organisme, va permettre aux muscles de fonctionner et va veiller à l’équilibre thermique en permettant l’évacuation de la chaleur excédentaire par évaporation de l’eau transpirée.

Si toutefois rien ne suffit, une dernière solution s’offre à vous : le Diamox.

 

Le Diamox

C’est un médicament. Il favorise l’élimination, par l’urine, d’Ions Bicarbonates qui sont fabriqués en grande partie par notre organisme lors de séjour en altitude et qui sont responsables du MAM.
Durant notre ascension nous avons tous pris du Diamox. Nous n’avons pas voulu le prendre en préventif car nous pensions que son effet serait nul lorsqu’on arriverait en altitude. Nous avons donc attendu de ressentir les premiers symptômes (mal de crâne et nausées) avant de prendre le cachet. Pour le groupe le MAM est arrivé vers midi le 3ème jour à partir du 4300m. Nous avons pris notre premier cachet le soir pendant le repas puisque son effet se ferait sentir 12 à 16h plus tard.
Résultat le lendemain à la même altitude personne n’avait les symptômes de la veille et ils ont complètement disparu pour la suite de l’ascension. Après est-ce que ça marche vraiment ou est-ce que c’est dans la tête… Je n’en sais rien du tout.
Dès lors que vous prenez le premier cachet vous ne devez pas arrêter tant que le dénivelé augmente.
Pour notre groupe le Diamox a été bénéfique. Après chacun est libre de faire ce qu’il veut et il faut bien être conscient que le médicament ne rend pas invincible (la preuve nous ne sommes que 4/6 en haut). D’ailleurs nous étions tous au courant de qui en avait pris. Notre guide et nos aspirants étaient également au courant. Et tout le monde se disait dès qu’il commençait à ressentir quelques choses (que ce soit des effets secondaires ou des quelconques difficultés) parce que si il y a un œdème cérébral qui arrive il n’y a plus de solution après.

 

Petites infos pour votre culture personnelle et pour vous la péter à la machine à café :

  • Au niveau de la mer la quantité d’hémoglobine (qui transporte l’O2 dans le sang) est de 100%. A 3000m elle n’est plus que de 90%.
  • Votre VO2Max diminue de 1% tous les 100M. Au sommet du Mt Blanc vous ne pourrez utiliser que 70% que ce vous pouviez utiliser au niveau de la mer. Au sommet du Kilimanjaro on tombe à 40% et l’Everest 20%.
  • A partir de 2000m, la température diminue d’environ 1°C tous les 100m.
  • Vous êtes en hypothermie si votre corps tombe en dessous des 35°C.
  • Tout effort entrepris au-dessus de 4000m est considéré comme un effort intense (un sprint de 100m est un effort intense).

 

Si je peux vous donner quelques conseils

  • Ne sous-estimez pas le Kilimanjaro et respectez la montagne.
  • Commencez votre entraînement au plus tard 3 mois avant le départ.
  • Partez avec une agence dont vous avez eu de bons échos (et non pas la moins chère ou avec des porteurs que vous trouvez là bas qui sont en fait vendeurs de bananes ou garagistes).
  • Obtenez une réponse claire avec votre interlocuteur au niveau du minimum pour les pourboires (qui sont obligatoires) afin de ne pas avoir de mauvaises surprises une fois là bas.
  • N’oubliez pas des vêtements chauds (environ -20 degrés la dernière nuit), les chaufferettes font du bien.
  • Prenez une boîte de Diamox (vous n’êtes pas obligé de l’utiliser et elle est remboursée).
  • Pour votre demande de visa à l’aéroport, donnez bien les 50$ quand on vous le demande et pas avant pour aller plus vite (bakchich).