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Après des débuts difficiles, le Denali me réconcilie avec l’Alaska

septembre 08, 2015 / by / 0 Comment


Après 4 mois de voyage je pose les pieds en Alaska. Qui l’eut crû ? Après toutes ces péripéties. Je m’apprête donc à passer 4 semaines dans l’Etat le plus au Nord des Etats-Unis. Ca ne s’annonce pas de tout repos.

 

L’Alaska

 

Le passage de la frontière

Je déteste passer ces putains de frontières. J’ai toujours un mauvais pressentiment, qui plus est avec une des frontière la plus difficile à franchir au monde. J’avais bien pressenti. Gros bordel aux douanes ! Mon délai de 90 jours ne s’est pas arrêté quand j’ai passé la frontière canadienne comme tout le monde me l’avait indiqué. Les jours ont continué à s’écouler. Résultat on refuse de me laisser passer et les douaniers me demandent de faire demi-tour. Et merde… Grand moment de solitude. Qu’est-ce que je fais ? Je vous avoue que pendant quelques secondes m’imaginer au chaud dans mon canapé m’a particulièrement plût.
J’ai finalement attaqué les négociations, en expliquant le pourquoi du comment, en expliquant mon projet et tout ce qui va avec. Je connaissais précisément toutes les dates de mes vols qui étaient déjà réservés pour quitter les USA. Ca a certainement joué en ma faveur. La douanière m’a enchaîné avec pas mal de questions. Il faut être honnête aux passages de frontières mais pas être trop honnête non plus. J’ai finalement obtenu un nouveau visa touristique sorti de nul part et qui expirera à mon départ d’Hawaii. Alléluia !

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Fairbanks

Une fois ce merdier administratif passé nous remontons dans la voiture pour rejoindre Fairbanks. On s’est pris une méchante tempête de neige contre la tête sur la route. Nous sommes le 28 Août. C’est quoi ce pays ??
 Au fur et à mesure de la montée les montagnes disparaissent et l’Alaska n’a rien de charmant. Jandra ayant fait demi-tour après Fairbanks je n’ai plus ma chambre dans la voiture. Il fait extrêmement froid. C’est venteux. Et mes demandes de Couchsurfing n’aboutissent pas. Après 4 mois de voyage je me résigne à payer pour la première fois afin de passer une nuit au chaud. 30$ pour une nuit dans un dortoir avec des vieux qui rotent, qui pètent et qui ronflent à tout va me reste en travers de la gorge. J’y resterai finalement 3 nuits car les autres auberges étaient complètes. Fairbanks n’a rien de bien intéressant et la météo joue fortement sur mon moral qui est au plus bas depuis cette matinée au beau milieu d’un désert dans le Colorado.
Je n’arrive toujours pas à voir d’aurores boréales non plus. Se lever à 2h du matin et tomber sur des nuages me les brise un peu. Pour ceux que ça intéresse je me sers de ce site pour repérer les soirées propices à leur apparition en Amérique du Nord.

L’Alaska railroad

Angela veut tenter de descendre en train à Anchorage. Ca coûte la peau du cul mais « c’est joli » apparemment. J’ai donc le choix entre exploser mon budget à broyer du noir à Fairbanks ou la suivre et exploser mon budget à voir quelque chose de « joli ». Je paie finalement 190$ de train. Mauvaise nouvelle, le trajet s’avère hyper chiant et pas bien beau. Seule une petite partie offre un beau spectacle.
Sur les rails nous croisons Mauricio, un informaticien qui vient d’Equateur et qui va passer les prochains jours avec nous. Nous avons choisi de nous arrêter à Denali pour passer quelques jours dans le parc avant de rallier Anchorage.
Nous sommes le 2 Septembre, et si je m’en tiens à mes 12€/jour, mon budget Alaska est déjà dépensé

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Le Parc National de Denali

 

C’est cet endroit qui va me réconcilier avec l’Alaska. Le plus beau parc national de tout l’ouest américain que j’ai eu l’occasion de voir pendant ce voyage. Certainement car je tombe la bonne saison.

Un peu de culture générale

Oui parce que quand je vous dis Denali je suis sûr que vous ne savez pas ce que c’est. Mais si je vous dis Mont McKinley ça vous parle ça, hein ? Et bien figurez-vous que la plus haute montagne d’Amérique du Nord (6195m) se trouve dans ce parc.
C’est même elle qui a donné son nom à ce parc national qui est d’ailleurs le plus ancien parc américain (création en 1917). La montagne a même donné son nom à l’Etat de Denali jusqu’au milieu du 20ème siècle avant qu’il ne devienne l’Etat d’Alaska.
Pour en revenir au Mont McKinley, il faut savoir que ce n’est pas son nom d’origine. Il s’appelait le Mt Denali mais la politique a fait qu’un président américain s’est vu attribuer le nom de la montagne en 1896. Cela a fait jaser pendant des années. Et puis, depuis quelques jours (le 1er Septembre exactement), Barack Obama a fait en sorte de réattribuer son nom d’origine à la montagne. On ne parlera donc plus de Mont McKinley, mais de Mont Denali, comme avant.

 

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Le Mt Denali à l’arrière plan


Les premiers jours à Denali

Cette vraie merveille de la nature est fragile et les autorités font tout pour le protéger du mieux qu’ils peuvent. C’est vraiment bien pour la nature mais c’est un gros bordel pour celui qui veut le visiter.
Une route a été créée à l’intérieur du parc. 150km accessible uniquement par bus afin de limiter le traffic. Les trois autres solutions pour empreinter la route par soi-même sont de la faire en vélo, d’être photographe professionnel ou de gagner à la loterie Denali. Etant sur place hors saison nous avons pu prendre pleins de fois la bus avec un seul billet, ce qui n’aurait pas été aussi facile quelques semaines plus tôt.
L’entrée du parc national est magnifique. Les montagnes sont déjà présentent mais il y a encore beaucoup de forêts et les élans viennent prendre la pose au bord de la route. Après avoir été en face du Mt Denali nous attaquons une marche près de Savage River. Ce sera la plus belle faite durant ce séjour avec une nouvelle vue sur le plus haut sommet nord américain.
Les couleurs de l’Automne ressemble à ce que nous avons vu vers le cercle polaire quelques semaines plus tôt. Je pense que nous sommes tombés pile au bon moment.

Le Backcountry

Voyager avec des personnes qui n’ont pas le même budget que vous n’est pas évident. Je suis souvent à dire « Non » pour certaines activités payantes où à regarder mes compagnons manger des trucs qui me font sortir la salive de la bouche. C’est pareil pour le camping. J’ai partagé ma tente avec Mauricio pendant ces 5 nuits et il a finalement décidé de prendre à sa charge le coût des emplacements.
Sinon il y a la possibilité de faire quelque chose dans ce parc qui ne se fait pas dans les autres parcs nationaux. Du camping en « backcountry ». En gros c’est du camping sauvage à l’intérieur du Denali et c’est gratuit.
Cependant on n’arrive pas comme une fleur pour poser sa tente n’importe où. Il faut rester une bonne heure dans la cabane des rangers le temps d’avoir une formation sur les ours, regarder une vidéo de 30min sur les ours et choisir sa zone.
Car ils ont divisé le parc en une soixantaine de zone et offre un nombre limité de permis de backcountry dans chacune de ces parties. Ceci afin de limiter l’impact des voyageurs sur l’environnement. Etant en basse saison nous n’avons pas de problème quand au choix et optons pour la 14.
Avant de sortir de la cabane nous remplissons une fiche avec nos coordonnées, couleurs de tentes et vêtements, expériences en camping sauvage et personnes à contacter en cas de problème.
Après tout ça, quand vous êtes dans le bus avec tous les autres campeurs, vous avez l’impression qu’on vous emmène dans l’arène pour participer aux Hunger Games.

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La Zone 14

J’ai mis longtemps à me décider pour savoir si j’y allais ou non. Après avoir vu plusieurs grizzlys le long de la route j’étais un peu plus rassurer et ai finalement attaquer à marcher avec Angela et Mauricio. Mes bagages étaient sensés être soutenus par le tricycle et non par mes épaules. Ils ne sont pas adaptés pour la randonnée. Mais bon j’ai pas vraiment le choix. Ca fait très mal aux épaules les premiers jours et après on sent plus grand chose.
La pluie me préoccupait le plus. Une fois sorti de la forêt (maison des ours) il nous a fallu trouver un spot pour planter la tente. Pas trop prêt des bois, pas trop prêt de la route (nous ne devons pas être vu ni être à moins de 800m), pas trop prêt de la rivière… En gros tu peux planter la tente nulle part. Au final nous optons pour être visible depuis la route.
C’est dans un immense champ de myrtilles que nous passerons la nuit. Ni rangers ni grizzlys ne sont venus nous rendre visite cette nuit. Une bonne chose.
Cependant c’est la pluie qui s’est infiltrée dans la tente et sac de couchages, polaires, gants… tout est mouillé. Il faut se remettre à marcher dans le brouillard et au travers du bush et des ruisseaux afin de retrouver la route le plus vite possible et pouvoir retourner vers la civilisation avant la nuit. Après Hunger Games j’ai l’impression d’être dans Seuls face à l’Alaska que mon ami grecque ne cessait de me rabâcher au boulot chaque matin avant mon départ.

Sur la route de l’Océan

Les heures de bus n’auront pas suffit à faire sécher toutes les affaires et la dernière nuit sous la tente à -6°C fût longue. Nous repartons donc en train pour rejoindre Anchorage. Mauricio s’est arrêté à Talkeetna. Je vais être amené à revenir dans ce village pour le défi que vous m’avez lancé en Alaska car c’est le seul endroit où j’ai pu apercevoir des saumons (mais j’étais dans le train malheureusement).
Arrivée dans la capitale économique de l’Etat Angela et moi partons chacun de notre côté. Nikki, une couchsurfeuse m’attend à la gare. Elle m’emmènera chez elle à 3h de route d’où l’on se trouvait. Je suis donc à Kenai où je vais passer quelques jours au chaud dans sa maison. Ca va me permettre de reprendre des forces pour profiter de mes 2 dernières semaines en Alaska. Et j’en ai bien besoin.
Demain nous partons à Homer, tout au Sud de l’Alaska afin que je vois l’Océan Pacifique pour la première fois.

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